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Les paroles de 137 chansons

Les paroles de 137 chansons

Chansons populaires Les paroles de 137 chansons

A la Varenne

   Paroles: Marc Hély. Musique: J.Jekyll 1930
   autres interprètes: Perchicot (1930), Georges Brassens (1980)
Les bourgeois rupins Ceux qu'ont les moyens S'en vont l'été s'faire plumer à Deauville Quand on n'a pas l'sou On va n'importe où Où ça coûte pas des prix fous Car à mon avis, C'est pas pour bibi Les endroits où l'on fait des chichis Moi, j'ai mon golf et mon bateau, Ma plage et mon casino A la Varenne Moi, je n'vais pas avec les gros A Dinard à Saint-Malo Faire des fredaines Moi, dans un bar à gigolos, Payer vingt balles un sirop, Ça m'frait d'la peine Moi, j'préfère un p'tit caboulot Où qu'on boit du picolo Au bord de l'eau On n'a pas d'négros Comme à Monaco Qui font du jazz à mille francs la séance Au son d'un phono Ou d'un vieux piano C'est quat' sous pour un tango Et comme on peut pas Se payer tout ça Y a des boîtes à deux ronds la java Moi, j'ai mon golf et mon bateau, Ma plage et mon casino A la Varenne Moi, j'y connais des dactylos Qui sont plus chouettes en maillot Qu'bien des mondaines Moi, dans un bar à gigolos, Payer vingt balles un sirop, Ça m'frait d'la peine Moi, j'préfère un p'tit caboulot Où qu'on boit du picolo Au bord de l'eau

Au chant de l'alouette

Si je vais à l'arbre c'est pour y cueillir Je n'ai pas cueilli j'ai cherché des nids
   {Refrain:}
Au chant de l'alouette je veille et je dors J'écoute l'alouette et puis je m'endors Je n'ai pas cueilli, j'ai cherché des nids J'ai trouvé la caille couchée sur son nid
   {au Refrain}
J'ai trouvé la caille couchée sur son nid J'lui marchai sur l'aile et la lui rompis
   {au Refrain}
J'lui marchai sur l'aile et la lui rompis Elle m'a dit: "Vilaine, va-t'en d'ici!"
   {au Refrain}
Elle m'a dit: "Vilaine, va-t'en d'ici!" Je n'suis pas vilaine, caille jolie
   {au Refrain}
Je n'suis pas vilaine, caille jolie Tu n'auras de peine pour tes petits
   {au Refrain}
Tu n'auras de peine pour tes petits Je vous f'rai manger dedans votre nid
   {au Refrain}
Je vous f'rai manger dedans votre nid – Si tu le fais, Belle, nous serons amies
   {au Refrain}

Auprès de ma blonde (Version 1)

   1704
   autres interprètes: Bordas, Aristide Bruant, Armand Mestral
Au jardin de mon père Les lauriers sont fleuris Au jardin de mon père Les lauriers sont fleuris Tous les oiseaux du monde Vont y faire leurs nids
   {Refrain:}
Auprès de ma blonde Qu'il fait bon, fait bon, fait bon. Auprès de ma blonde Qu'il fait bon dormir! La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix. La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix Et la blanche colombe Qui chante jour et nuit
   {au Refrain}
Elle chante pour les filles Qui n'ont pas de mari Elle chante pour les filles Qui n'ont pas de mari C'est pas pour moi qu'elle chante Car j'en ai t-un joli
   {au Refrain}
Il est dans la Hollande Les Hollandais l'ont pris. Il est dans la Hollande Les Hollandais l'ont pris. "Que donneriez-vous, belle Pour voir votre mari?"
   {au Refrain}
Je donnerais Versailles Paris et Saint-Denis Je donnerais Versailles Paris et Saint-Denis Le royaume de mon père Celui de ma mère aussi
   {au Refrain}

Auprès de ma blonde (Version 2)

   1704
   autres interprètes: Aristide Bruant (1887), André Baugé (1932), Stello, Réda Caire, Fernandel, Bordas (1956), Colette Renard, André Claveau, Les Satellites (1962), Luc Barney, Aimé Doniat, Jean-Claude Pascal (1968), Les Quatre Barbus, Tino Rossi, Armand Mestral
   note: Dorothée (1981), Tri Yann.
Dans les jardins de mon père, Les lilas sont fleuris; Dans les jardins de mon père, Les lilas sont fleuris; Tous les oiseaux du monde Viennent y faire leurs nids…
   {Refrain:}
Auprès de ma blonde, Qu'il fait bon, fait bon, fait bon. Auprès de ma blonde, Qu'il fait bon dormir! Tous les oiseaux du monde Viennent y faire leurs nids; Tous les oiseaux du monde Viennent y faire leurs nids; La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix.
   {au Refrain}
La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix Et ma jolie colombe, Qui chante jour et nuit…
   {au Refrain}
Et ma jolie colombe, Qui chante jour et nuit Et ma jolie colombe, Qui chante jour et nuit Elle chante pour les filles Qui n'ont pas de mari.
   {au Refrain}
Elle chante pour les filles Qui n'ont pas de mari. Elle chante pour les filles Qui n'ont pas de mari. Pour moi ne chante guère, Car j'en ai un joli…
   {au Refrain}
Pour moi ne chante guère, Car j'en ai un joli, Pour moi ne chante guère, Car j'en ai un joli, "Dites-moi donc la belle, Où donc est votre mari? "
   {au Refrain}
"Dites-moi donc la belle, Où donc est votre mari? " "Dites-moi donc la belle, Où donc est votre mari? " Il est dans la Hollande, Les Hollandais l'ont pris.
   {au Refrain}
Il est dans la Hollande, Les Hollandais l'ont pris, Il est dans la Hollande, Les Hollandais l'ont pris. Que donneriez-vous, belle, Pour avoir votre ami?… "
   {au Refrain}
Que donneriez-vous, belle, Pour avoir votre ami? Que donneriez-vous, belle, Pour avoir votre ami? Je donnerais Versailles, Paris et Saint-Denis.
   {au Refrain}
Je donnerais Versailles, Paris et Saint-Denis, Je donnerais Versailles, Paris et Saint-Denis, Les tours de Notre-Dame Et le clocher de mon pays.
   {au Refrain}
Les tours de Notre-Dame Et le clocher de mon pays, Les tours de Notre-Dame Et le clocher de mon pays, Et ma jolie colombe, Pour avoir mon mari.
   {au Refrain}

Aux marches du palais

   Paroles et Musique: Chansons populaires
   autres interprètes: Yves Montand, Cora Vaucaire, Marie Laforêt, Guy Béart
   note: entre 1732 et 1910 + de 40 versions ont été identifiées!
Aux marches du palais Aux marches du palais Y a une tant belle fille lonla, Y a une tant belle fille. Elle a tant d'amoureux Qu'elle ne sait lequel prendre. C'est un p'tit cordonnier Qu'a eu sa préférence. C'est en la lui chaussant Qu'il lui fit sa demande. La belle si tu voulais Nous dormirions ensemble. Dans un grand lit carré Orné de toile blanche. Aux quatre coins du lit Un bouquet de pervenches. Dans le mitan du lit La rivière est profonde. Tous les chevaux du roi Pourraient y boire ensemble. Et nous y dormirions Jusqu'à la fin du monde.

Bali balo

   autres interprètes: Cauet (2000)
Bali Balo Dans son berceau Bandait déja comme un taureau Et une putain lui dit "sa mere tu bandes déja plus que ton pere" ah ah Bali Balo… est un salaud Bali Balo dans le désert se trinballait les couilles a l'air Mais arrivait un nuage de grenouille Qui lui bouffa la peau des couilles ah ah Bali Balo… Bali Balo est un salaud Bali Balo sur sa moto fesait du 100 et du zéro Mais c dans se putain de virage Qui s'les ai pris dans l'embraillage ah ah Bali Balo… Bali Balo est un salaud Bali Balo chez les Bonnes soeur Se tapa la mere supérieur La vieille Lui dit: "jamais l'seigneur Ne m'a donné autant d'bonheur " ah ah Bali Balo… Bali Balo est un salaud Bali Balo dans son avion Avec sa femme et son cochon Dès que sa femme eut tournée la tete Il encula la pauvre bete ah ah Bali Balo… Bali Balo est un salaud Bali Balo au cinéma Péta si fort qu'il s'envola Il attérit dans les coulisses Et encula l'pompier d'service ah ah Bali Balo… Bali Balo est un salaud Bali Balo dans son cercueil Bandait encore comme un chevreuil Avec sa bite en arc-de cercle Il arriva a soulevé l'couvercle ah ah Bali Balo… Bali Balo est un salaud

Bergeronnette

   Paroles: Charles Dovalle. Musique: Vital Mercier / Claude Augé
   note: ce poème a fait l'objet de deux chansons sur deux musiques différentes
Pauvre petit oiseau des champs, Inconstante bergeronnette. Qui voltiges, vive et coquette, Et qui siffles tes jolis chants; Bergeronnette si gentille, Qui tournes autour du troupeau. Par les prés sautille, sautille, Et mire-toi dans le ruisseau! Vas, dans tes gracieux caprices, Becqueter la pointe des fleurs, Ou poursuivre, au pied des génisses, Les mouches aux vives couleurs. Reprends tes jeux, bergeronnette, Bergeronnette au vol léger; Nargue l'épervier qui te guette! Je suis là pour te protéger; Si haut qu'il soit, je puis l'abattre… Petit oiseau, chante!… et demain, Quand je marcherai, viens t'ébattre, Près de moi, le long du chemin. C'est ton doux chant qui me console, Je n'ai point d'autre amis que toi! Bergeronnette, vole, vole, Bergeronnette, devant moi!…

Bourrée auvergnate

La bourrée en Auvergne La bourrée y va bien Ecoutons la cabrette Du pays Limousin Lentement on se place Dansons-la deux à deux Dansons-la quatre à quatre Et toujours de son mieux
   {Refrain:}
Pour bien la chanter Vive la Limousine Pour bien la danser Vivent les Auvergnats La bourrée auvergnate Est la fleur du pays On la danse par quatre On la danse par six A Brioude on est douze Et quarante à Saint-Flour Les époux, les épouses Y reviennent toujours.

C'est dans la pipe

   Musique: Georges Krier
1. C 'est dans la pipe qu'on met l'tabac Oula, oula C'est dans la pipe qu'on met l'tabac Oula, oula la Paré à virer Les gars, faut déhaler On s'reposera quand on arrivera Dans le port de Tacoma 2. C 'est sur la mer qu'il y a des mats 3. C 'est dans la gueule qu'on met l'tafia 4. C 'est dans la cale qu'il y a des rats 5. Mais les filles ça s'met dans les bras

C'est le mois de Marie

   {Refrain:}
C'est le mois de Marie C'est le mois le plus beau À la Vierge chérie Disons un chant nouveau 1. Ornons le sanctuaire De nos plus belles fleurs Offrons à notre Mère Et nos chants et nos coeurs
   {au Refrain}
2. Fais que dans la patrie Nous chantions à jamais O Divine Marie Ton nom et tes bienfaits.
   {au Refrain}

Cantique des étoiles

   Musique: Helm
   note: chant scout adapté d'un chant populaire allemand
As-tu compté les étoiles Et les astres radieux Déployant aux nuits sans voiles Leur cortège dans les cieux? Dieu qui leur donna La vie et l'éclat, Dieu qui leur fixa La course et le pas Sait aussi quel est leur nombre et ne les oublie pas {x2} As-tu compté les abeilles Butinant parmi les fleurs, Papillons, mouches vermeilles, Sans soucis et travailleurs? Dieu qui les vêtit Couleurs paradis, Dieu qui leur fournit Vivre et logis Sait aussi quel est leur nombre et ne les oublie pas {x2} As-tu compté les fleurettes Souriant au gai printemps, Boutons d'or et pâquerettes, Fleurs de bois et fleurs des champs? Celui qui leur fit Ces riches habits, Celui qui leur mit Ces frais coloris Sait aussi quel est leur nombre et ne les oublie pas {x2} As-tu compté les nuées Passant dans les champs du ciel Et les gouttes de rosée Aux reflets de l'arc-en-ciel? Dieu qui fit le temps Sombre ou éclatant, Le ruisseau chantant Et les flots grondant Sait aussi quel est leur nombre et ne les oublie pas {x2} Sais-tu combien, sur la terre Vivent d'enfants comme toi, Dans le luxe ou la misère, Fils de pauvres, fils de rois? Dieu les connaît tous Dieu les aime tous Et Dieu les veut tous Tu es aussi dans le nombre de ceux qu'Il n'oublie pas {x2}

Chanson de la mariée (2)

   Paroles: Folklore français. Musique: Arrangements Ch. Chevallier 1968
Nous sommes venus vous voir Du fond de nos villages Pour vous souhaiter ce soir Un heureux mariage A monsieur votre époux Aussi bien comme à vous {x2} Vous n'irez plus au bal Madame la mariée Danser sous le fanal Dans les jeux d'assemblée Vous garderez la maison A bercer le poupon {x2} Avez-vous écouté Ce que vous dit le prêtre? A dit la vérité Et comme il vous faut être Fidèle à votre époux Et l'aimer comme vous {x2} Quand on dit son époux On dit souvent son maître. Ils ne sont pas si doux Comme ils ont promis d'être Il faut leur conseiller De mieux se rappeler {x2} Recevez ce bouquet Que nous venons vous tendre Il est fait de genêts Pour vous faire comprendre Que tous les vains honneurs Passent comme les fleurs {x2}

Chante et danse la bohème

   Paroles: Paul Doncoeur. Musique: traditionnelle
   autres interprètes: Guy Béart (1969)

   {Refrain:}
Chante et la Bohème, faria, faria, ho! Vole et campe où Dieu la mène, faria, faria, ho! Sans souci, au grand soleil, coule des jours sans pareils. Faria, faria, faria, faria, faria,faria, ho! {x2} Dans sa bourse rien ne pèse, Mais son coeur bat tout à l'aise, Point de compte et point d'impôt, Rien ne trouble son repos
   {au Refrain}
Quand la faim se fait tenace, Dans les bois se met en chasse, Tendre biche ou prompt chamois Lui feront un plat de roi
   {au Refrain}
Sur la mousse ou dans la paille Trouve un lit fait à sa taille Coeur léger, bohème dort Que n'éveille aucun remords
   {au Refrain}
Et si mince est son bagage Que sans peine déménage Dans le ciel quand Dieu voudra En chantant s'envolera
   {au Refrain}

   Guy Béart ne chante que les deux premiers couplets puis un troisième et dernier:
A l'écart des routes larges Va par les sentiers en marge Les maquis et les buissons S'ouvrent devant ta chanson

Choeur des magnanarelles

   Paroles: Michel Carré. Musique: Charles Gounod 1864
   note: de l'opéra Mireille
Chantez, chantez, magnanarelles Car la cueillette aime les chants Comme les vertes sauterelles Au soleil dans l'herbe des champs Chantez, chantez, magnanarelles Car la cueillette aime les chants. Fillettes rieuses et laborieuses Un rayon d'été nous met en gaité Nous sommes pareilles Au blondes abeilles Dont l'essaim léger Sur les fleurs vermeilles Aiment à voltiger. Fillettes rieuses et laborieuses Un rayon d'été nous met en gaité Et la chanson folle Soudain nous console Pour nous point d'ennui L'heure qui s'envole L'emporte avec lui.

Conseil de guerre

   autres interprètes: Pierre Bensusan
Le conseil de guerre, hélas, m'a condamné à passer par les armes pour y être fusillé. Quand je fus sur la place, tout l'monde m'y regardait, mes anciens camarades avaient leur fusil prêt. C'est vous autres, mes chers frères, qu'allez me faire mourir. Ma mort, je vous l'pardonne, mais ne m'y faites pas trop languir. Mon corps, criblé de balles, va tomber devant vous. Portez, chers camarades, cette lettre à mes amours. – En grande diligence je t'écris ce billet. Dans-la ville de Nantes tu ne m'y reverras jamais. Ne garde pas l'assurance,demande mon diamant. Sur moi plus d'espérance, fais choix d'un autre amant. {2x}

Coupo Santo

   Paroles: Frédéric Mistral, Argt: François Betti
1. Prouvençau, veici la coupe Que nous vendi Catalan Adereng beguen en troupo Lou vin pur de noste plant
   {Refrain:}
Coupo santo e versanto Vuejo a plen bord Vuejo a bord lis estram bord Et l'en avans di fort! 2. D'un vièl pople fièr e libre Sian bessai la finicioun: E, se tombon il Felibre, Toumbâra nosto nacioun 3.D'une raço que regreio Sian bessai li proumié gréu Sian bessai de la patrio Li cepoun emai li prièu 4. Vuejo-nous lis esperanço E li raive dou jouvènt Dou passat la remembranço E la fe dins l'an que vèn 5. Vuejo-nous la counaissènço Dou Verai emai dou Bèu E lis auti jouissènço Que se trufon dou toum bèu 6. Vuejo-nous la Pouësio Pèr canta tout ça que viéu Car es elo l'ambrousio Que tremudo l'ome en diéu 7. Pèr la glori dou terraire Vautre enfin que sias counsènt Catalan, di liuen, o fraire Cumunien toutis ensèn

Dondaine la ridaine

   note: Folklore Québécois.

   {Refrain:}
Dondaine la ridaine, ma ta patte alimatou Ma tante alou, malimatou Ma ta patte alimatou, ma tante alou, laridé 1- Par un dimanche au soir m'en allant promener {x2} J'ai rencontré la belle je lui ai demandé 2- J'ai rencontré… Je lui ai demandé si elle était à marier 3- Mais elle me fit réponse:"pas avec un cordonnier" 4- Car avec son alène, il pourrait me piquer 5- sacr' mes oitils par terre, maudissant mon métier 6- À part de c'métier là, je serais marié 7- Avec la plus belle fille qu'avait dans le quartier 8- Elle a des sourcils d'or et des cheveux bouclés 9- Pis d'autr'choses aussi que j'peux pas vous nommer.

En faisant le tour de la montagne

   autres interprètes: Eugène Daignault (1928), Jean Collard
   note: "Chanson à répondre" du Folklore québécois
C'est en faisant le tour de la montagne Que j'ai perdu mon chapeau de quinze francs. C'est en faisant le tour de la montagne Que j'ai perdu mon chapeau de quinze francs. J'ai perdu, oh oui, j'ai perdu, oh oui, J'ai perdu mon chapeau de quinze francs. J'ai perdu, oh oui, j'ai perdu, oh oui, J'ai perdu mon chapeau de quinze francs. C'est pas l' chapeau que je regrette le plus Mais c'est la tête, oh, qu'il y avait dedans. C'est pas l' chapeau que je regrette le plus Mais c'est la tête, oh, qu'il y avait dedans. C'est la tête, oh oui, c'est la tête, oh oui, C'est la tête qu'il y avait dedans. C'est la tête, oh oui, c'est la tête, oh oui, C'est la tête qu'il y avait dedans.

En passant par la Lorraine

   16e.
En passant par la Lorraine, avec mes sabots Rencontrait trois capitaines Avec mes sabots dondaine Oh oh oh Avec mes sabots. Rencontrait trois capitaines, avec mes sabots Ils m'ont appelé vilaine, Avec mes sabots mondaine Oh oh oh Avec mes sabots. Je ne suis pas si vilaine… Puisque le fils du roi m'aime… Il m'a donné pour étrennes… Un bouquet de marjolaine… S'il fleurit, je serai reine… S'il y meurt, je perds ma peine…

Evangéline

   Paroles: André-Thaddée Bourque 1910
   autres interprètes: Isabelle Pierre
Je l'avais cru ce rêve du jeune âge Qui souriant, m'annonçait le bonheur Et confiante en cet heureux présage Mes jeunes ans s'écoulaient sans douleur. Il est si doux, au printemps de la vie D'aimer d'amour les amis de son cœur De vivre heureux au sein de la patrie Loin du danger, à l'abri du malheur {x2}
   {Refrain:}
Évangéline, Évangéline Tout chante ici, Ton noble nom Dans le vallon, Sur la colline L'écho répète et nous répond, Évagéline, Évangéline Qu'ils étaient beaux, ces jours de notre enfance Cher Gabriel, au pays de Grand-Pré Car là régnaient la paix et l'innocence Le tendre amour et la franche gaieté. Qu'ils étaient doux, le soir sous la charmille, Les entretiens du village assemblé, Comme on s'aimait, quelle aimable famille On y formait sous ce ciel adoré {x2} Hélas! depuis, sur la terre étrangère J'erre toujours en proie à la douleur Car le destin dans sa sombre colère M'a tout ravi, mes amis, mon bonheur Je ne vois plus l'ami de mon enfance A qui j'avais juré mon tendre amour Mais dans mon cœur je garde l'espérance De le revoir dans un meilleur séjour. {x2}

Farandole provencale

Quand dans l'azur monte le clair soleil Tout est joyeux sous le ciel de Provence Quand dans l'azur monte le clair soleil De la gaieté, c'est le réveil Dans les vergers faisant des rondes folles Les oiseaux chantent leurs refrains Et pour guider la vive farandole Vibrent d'accord fifres et tambourins De la cigale, la note égale Rythme gaiement la danse provençale De la cigale, l'aigre chanson Mets des bruits d'or dans l'or de la moisson.

Hymne à la joie (Hymne Européen)

   Paroles: Schiller, Fr: J.Folliet. Musique: Ludwig Van Beethoven
Joie discrète, humble et fidèle Qui murmure dans les eaux Dans le froissement des ailes Et les hymnes des oiseaux. Joie qui vibre dans les feuilles Dans les prés et les moissons Nos âmes blanches t'accueillent Par de naïves chansons. Tous les hommes de la terre Veulent se donner la main Vivre et s'entraider en frères Pour un plus beau lendemain, Plus de haine, plus de frontière, Plus de charniers sur nos chemins Nous voulons d'une âme fière Nous forger un grand destin Que les peuples se rassemblent Dans une éternelle foi Que les hommes se rassemblent Dans l'égalité des droits. Nous pourrons tous vivre ensemble La charité nous unira Que pas un de nous ne tremble La fraternité viendra. Joie immense, joie profonde, Ombre vivante de Dieu Abats-toi sur notre monde Comme un aigle vient des cieux. Enserre dans ton étreinte La tremblante humanité Que s'évapore la crainte Que naisse la liberté Joie énorme, joie terrible Du sacrifice total Toi qui domptes l'impossible, Et maîtrises le fatal; Joie sauvage, âpre et farouche, Cavalière de la mort, Nous soufflons à pleine bouche Dans l'ivoire de ton cor. Joie qui monte et déborde, Tu veux nos cœurs? les voilà. Et nos âmes sont les cordes, Où ton archet passera Que ton rythme nous emporte Aux splendeurs de l'Eternel Comme un vol de feuilles mortes, Que l'orage entraîne au ciel.

Isabeau s'y promène

   Paroles et Musique: Chansons populaires
Isabeau s'y promène, le long de son jardin {x2} Le long de son jardin, sur le bord de l'île Le long de son jardin, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Elle fit une rencontre de trente matelots {x2} De trente matelots, sur le bord de l'île De trente matelots, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Le plus jeune des trente, il se mit à chanter {x2} Il se mit à chanter, sur le bord de l'île Il se mit à chanter, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau La chanson que tu chantes, je voudrais la savoir {x2} Je voudrais la savoir, sur le bord de l'île Je voudrais la savoir, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Embarque dans ma barque, je te la chanterai {x2} Je te la chanterai, sur le bord de l'île Je te la chanterai, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Quand elle fut dans la barque, elle se mit à pleurer {x2} Elle se mit à pleurer, sur le bord de l'île Elle se mit à pleurer, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Qu'avez-vous donc la belle, qu'av-vous à tant pleurer {x2} Qu'av-vous à tant pleurer, sur le bord de l'île Qu'av-vous à tant pleurer, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Je pleure mon anneau d'or, dans l'eau il est tombé {x2} Dans l'eau il est tombé, sur le bord de l'île Dans l'eau il est tombé, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau Ne pleurez point la belle, je vous le plongerai {x2} Je vous le plongerai, sur le bord de l'île Je vous le plongerai, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau De la première plonge, il n'a rien ramené {x2} Il n,a rien ramené, sur le bord de l'île Il n'a rien ramené, sur le boird de l'eau Sur le bord du ruisseau De la seconde plonge, l'anneau-z-a voltigé {x2} L'anneau-z-a voltigé, sur le bord de l'île L'anneau-z-a voltigé, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau De la troisième plonge, le galant s'est noyé {x2} Le galant s'est noyé, sur le bord de l'île Le galant s'est noyé, sur le bord de l'eau Sur le bord du ruisseau

J'ai vu le loup, le renard, la belette

   17e.
   note: Air d'origine "Dies irae" grégorien (liturgie des messes de morts). Moyen Age
J'ai vu le loup, le renard, la belette J'ai vu le loup, le renard cheuler (boire) C'est moi-même qui les ai rebeuillés (épiés) J'ai vu le loup, le renard, la belette C'est moi-même qui les ai rebeuillés J'ai vu le loup, le renard cheuler J'ai ouï le loup, le renard, la belette J'ai ouï le loup, le renard chanter C'est moi-même qui les ai rechignés J'ai ouï le loup, le renard, la belette C'est moi-même qui les ai rechignés J'ai ouï le loup, le renard chanter J'ai vu le loup, le renard, la belette J'ai vu le loup, le renard danser C'est moi-même qui les ai revirés J'ai vu le loup, le renard, la belette C'est moi-même qui les ai revirés J'ai vu le loup, le renard danser

J'aime l'oignon frit

J'aime l'oignon frit à l'huile J'aime l'oignon quand il est bon. J'aime l'oignon frit à l'huile J'aime l'oignon quand il est bon. J'aime l'oignon frit à l'huile J'aime l'oignon quand il est bon. J'aime l'oignon frit à l'huile J'aime l'oignon quand il est bon. Au pas camarades, au pas camarades, Au pas, au pas, au pas! Au pas camarades, au pas camarades, Au pas, au pas, au pas! Au pas camarades, au pas camarades, Au pas, au pas, au pas! Au pas camarades, au pas camarades, Au pas, au pas, au pas! On va leur percer le flanc On va leur percer le flanc Rantanplan tire lire Rantanplan On va leur percer le flanc Que nous al'lons rire

J'avions reçu commandement (Le conscrit)

   Paroles et Musique: folklore
   autres interprètes: Yves Montand (1955), Marc Ogeret (1958), Serge Kerval (1970), Michèle Bernard (1979)
   note: chanson traditionnelle – folklore
J'avions reçu commandement De partir pour la guerre Je ne me soucions point pourtant D'abandonner notre mère Pourtant l'a ben fallu J'ai pris mon sac et je suis venu Pourtant l'a ben fallu J'ai pris mon sac et je suis venu Y m'ont donné un grand fusil Une sabre, une gibecière Une grande capote, un grand t'habit Pendant jusqu'au darrière Et fallait se tenir drait Aussi drait qu'un pic un piquet Et fallait se tenir drait Aussi drait qu'un pic un piquet Y en avait sur leurs chevaux Qui faisaient bien deux mètres Avec deux ou trois plus de zoziau Plantés dessus leur tête Et des poils d'artillon Tout alentour de leurs talons Et des poils d'artillon Tout alentour de leurs talons Y m'ont placé en faction Devant une citadelle Ceux qui n'connaissions point mon nom M'appelions "sentinelle! " A chaque chat qui passait Fallait crier "quou qu'chi, quou qu'chai" A chaque chat qui passait Fallait crier "quou qu'chi, quou qu'chai" Y m'ont mené dans un grand champ Qu'appelions champ de bataille On s'étripait, on s'épiaulait C'était pis que de la volaille Ma foi, la peur m'a pris J'ai pris mon sac et je suis parti. (variante) J'ai pris mon sac et me voici!

Jardin d'amour

   autres interprètes: Pierre Bensusan
Jardin d'amour, que tu es grand! Ou je vais promener ma mie dans un jardin couvert de fleurs, ou je vais promener mon cœur. Ma mie me fit un bouquet. Je ne sais ce qu'il signifie, si c'est d'amour ou de regret ou bien pour me donner mon congé. Tous les oiseaux qui sont dans le ciel ne sont pas de la même mère, ne sont pas tous pour un seul chasseur et ma mie pour un seul serviteur. Elle me fit un bouquet et je ne sais ce qu'il signifie, si c'est d'amour ou de regret ou bien pour me donner mon congé. Ma mie me fit un bouquet. Je ne sais ce qu'il signifie, si c'est d'amour ou de regret ou bien pour me donner mon congé.

Je cherche fortune

   {Refrain:}
Je cherche fortune tout le long du chat noir Et au clair de la lune, à Montmartre le soir. 1 – Chez M'sieur l'boucher {x2} Fais-moi crédit {x2} J'n'ai plus d'argent {x2} J'paierai samedi {x2} Si tu ne veux pas {x2} M'donner d'gigot {x2} J'te fourre la tête {x2} Sur ton billot {x2} 2 – Chez Monsieur l'maire {x2} … Me marier {x2} J'te fourre la tête {x2} Dans l'encrier {x2} 3 – Chez M'sieur l'curé {x2} … Me confesser {x2} J'te fourre la tête {x2} Dans l'bénitier {x2} 4 – Chez l'boulanger {x2} … M'donner du pain {x2} J'te fourre la tête {x2} Dans ton pétrin {x2} 5 – Chez l'cordonnier {x2} … M'donner de godasses {x2} J'te fourre la tête {x2} Dans la mélasse {x2} {variante:} M'donner d'sabot {x2} J'te fourre la tete {x2} Sous ton marteau {x2} 6 – Chez l'patissier {x2} … M'donner de gâteaux {x2} J'te fourre la tête {x2} Dans ton fourneau {x2} 7 – Chez l'pharmacien {x2} … M'donner d'aspro {x2} J'te fourre la tête {x2} Dans tes bocaux {x2}

Je retape les paniers

   {Refrain:}
Je retape, tape, tape Je retape les paniers percés. L'autre jour est arrivé Chez nous un étranger On le mit à coucher Avec la fille aînée. On le mit à couché Avec la fille aînée Que faites- vous là haut A défoncer le plancher. Que faites-vous là haut A défoncer le plancher J'apprends à votre fille A faire des paniers. J'apprends à votre fille A faire des paniers Si bien qu'au bout d' trois mois Panier est commencé. Si bien qu'au bout d'trois mois Panier est commencé Si bien qu'au bout d'six mois Panier est bien formé. Si bien qu'au bout d'six mois Panier est bien formé Si bien qu'au bout d'neuf mois Panier est défoncé. Si bien qu'au bout d'neuf mois Panier est défoncé Si bien qu'au bout d'douze mois Y a plus qu'à recommencer.

Jean Misère

   Paroles: Eugène Pottier. Musique: V. Joannès Delorme 1871
   autres interprètes: Mouloudji
   note: chanson écrite après la Commune. Mouloudji ne chante pas les premier et dernier couplets.
[Décharné, de haillons vêtu Fou de fièvre, au coin d'une impasse, Jean Misère s'est abattu Douleur, dit-il, n'es-tu pas lasse?]
   {Refrain:}
Ah mais! Ah mais! Ça ne finira donc jamais? Ah mais! Ah mais! Ça ne finira donc jamais? Pas un astre et pas un ami! La place est déserte et perdue. S'il faisait sec, j'aurais dormi, Il pleut de la neige fondue.
   {au Refrain}
Est-ce la fin, mon vieux pavé? Tu vois: ni gîte, ni pitance. Ah, la poche au fiel a crevé. Je voudrais vomir l'existence.
   {au Refrain}
Je fus bon ouvrier tailleur, Vieux, que suis-je? Une loque immonde. C'est l'histoire du travailleur, Depuis que notre monde est monde.
   {au Refrain}
Maigre salaire et nul repos, Il faut qu'on s'y fasse ou qu'on crève. Bonnets carrés et chassepots Ne se mettent jamais en grève.
   {au Refrain}
Malheur! Ils nous font la leçon, Ils prêchent l'ordre et la famille: La guerre a tué mon garçon, Le luxe a débauché ma fille!
   {au Refrain}
De ces détrousseurs inhumains, L'Eglise bénit les sacoches Et leur bon Dieu nous tient les mains Pendant qu'on fouille dans nos poches.
   {au Refrain}
Un jour, le ciel s'est éclairé, Le soleil a lui dans mon bouge. J'ai pris l'arme d'un fédéré, Et j'ai suivi le drapeau rouge.
   {au Refrain}
Mais, par mille, on nous coucha bas: C'était sinistre au clair de lune. Quand on m'a retiré du tas, J'ai crié "Vive la Commune!"
   {au Refrain}
Adieu, martyrs de Satory! Adieu, nos châteaux en Espagne! Ah! Mourons… Ce monde est pourri. On en sort comme on sort d'un bagne.
   {au Refrain}
[A la morgue on coucha son corps. Et tous les jours, dalles de pierre, Vous étalez de nouveaux morts, Les otages de la misère!
   {au Refrain}]

Jeanneton prend sa faucille (Figarette)

   18e.
   autres interprètes: Aristide Bruant (1890), Maris Dubas (1932), Stello (1935), Marc Robine (1993)
Jeanneton prend sa faucille Lalirette,lalirette Jeanneton prend sa faucille Pour aller couper les joncs En chemin elle rencontre Quatre jeunes et beaux garçons Le premier un peu timide L'embrassa sur le menton Le deuxième, un peu moins sage L'allongea sur le gazon Le troisième encore moins sage Lui releva son blanc jupon Ce que fit le quatrième N'est pas dit dans la chanson Si vous le saviez, Madame Vous iriez couper les joncs La morale de cette histoire C'est qu'sur 4, y a 3 couillons La morale de cette morale C'est qu'les hommes sont des cochons La morale de cette morale C'est qu'les femmes aiment les cochons

L'aviron (M'en revenant de la jolie Rochelle)

1. M 'en revenant de la jolie Rochelle M'en revenant de la jolie Rochelle J'ai rencontré trois jolies demoiselles
   {Refrain:}
C'est l'aviron qui nous mène, mène, mène C'est l'aviron qui nous mène en rond 2. J'ai rencontré trois jolies demoiselles J'ai rencontré trois jolies demoiselles J'ai pas choisi mais j'ai pris la plus belle
   {au Refrain}
3. Je l'ai montée derrière-moi sur ma selle… 4. Je fis cent lieues sans parler avec elle… 5. Au bout d'cent lieues m'a demandé à boire… 6. Je l'ai menée auprès d'une fontaine… 7. Quand elle y fut elle ne voulu pas boire… 8. Je l'ai menée au logis de son père… 9. Quand elle y fut elle y but un plein verre… 10. A la santé de son père et d'sa mère… 11. A la santé de ses sœurs et d'ses frères 12. A la santé de celui qu'son cœur aime…

L'enfant de Strasbourg

   note: chanson écrite après la guerre de 1870, dont il existe plusieurs versions: voir à " La Strasbourgeoise " sur le site.
1- La neige tombe aux portes d'une église pâle et glacée, une enfant de Strasbourg toute tremblante sur la pierre est assise elle reste là malgré la fin du jour un homme passe, à la fillette il donne Elle reconnut l'uniforme allemand Et refusant l'aumône qu'on lui donne A l'officier elle répond fièrement
   {Refrain:}
Gardez votre or, je garde mes souffrances Allez, bandit, passez votre chemin. Car je suis une enfant de la France Aux Allemands je ne tends pas la main Car je suis une enfant de la France Aux Allemands je ne tends pas la main 2- Mon père est mort sur le champ de bataille Je ne sais pas l'endroit de son cercueil Ce que je sais, c'est que votre mitraille Me fait porter des vêtements de deuil Ma mère est là, sous cette cathédrale Elle est là, sous ces murs écroulés Elle est tombée un soir sous la dalle Frappée en plein coeur par un de vos boulets
   {au Refrain}
3- J'ai tout perdu, famille et patrie Votre or peut-être est rougi de leur sang J'ai tout perdu, si j'ai gardé la vie C'est que j'attends l'heure du châtiment Cette heure viendra, toute chaîne se brise Mais s'il faut vous mendier mon pain J'aime mieux mourir au seuil de cette église Mourir un jour de misère et de faim!

L'épervier farouche

   autres interprètes: Nathalie Cerda, Catherine Perrier
Planant dans l'azur sans nuage, Quel est cet étrange oiseau noir? Son oeil a des reflets sauvages, Qu'a-t-il pu apercevoir? Il décrit des cercles funestes, Puis, doucement descend, descend, Comme une malédiction céleste Sur des oisillons innocents. L'épervier farouche Vole au-dessus de vos toits, Son allure est louche Et son regard est sournois; Dans vos nids timides, Mères, gardez vos petits! Car le rapace avide A beaucoup d'appétit. Ainsi, une pauvre ouvrière Vivait près de son cher trésor; C'était sa petite Gisèle: Une enfant pure, un vrai coeur d'or, Qui travaillait comme cousette En haut de la rue des Martyrs, Et le sam'di à la Galette, Elle dansait pour se divertir. L'épervier farouche Te guette, méfie-toi! Son allure est louche Et, déjà, tu es sa proie. Il t'enlace et danse La valse aux accents troublants; Mais l' brigand manigance Ta perte, pauvre enfant! En effet, au bout d'une semaine La petite était en maison, Et dans cette ambiance malsaine Avait perdu ses illusions. Prenant un couteau sur la table, Elle s'en transperça le coeur En maudissant le misérable Qui s'enfuit cynique et moqueur. L'épervier farouche Le souteneur sournois, Au fond des rues louches S'envole vers d'autres proies. Dans vos nids timides, Mères, gardez vos petits! Car le rapace avide A beaucoup d'appétit!

L'homme de Cro-Magnon

C'était au temps de la préhistoire Voici deux ou trois cent mille ans Vint au monde un être bizarre Proche parent de l'orang-outan Assis sur ses pattes de derrière Vêtu d'un slip en peau de bison Il allait conquérir la terre C'était l'homme de Cro-Magnon
   {Refrain:}
L'homme de Cro, L'homme de Ma, l'homme de Gnon L'homme de Cro-Magnon, pon pon {x2} L'homme de Cro, de Magnon Ce n'est pas du bidon L'homme de Cro-Magnon Pon-pon Armé de sa hache de pierre De son couteau de pierre itou Il chassait l'ours et la panthère En serrant les fesses malgré tout Devant l'diplodocus en rage Il était tout d'même un peu petit Et se disait dans son langage: Vivement qu'on invente le fusil
   {Au refrain}
Il était poète à ses heures Disait à sa femme en émoi Tu es belle comme un dinosaure Tu ressembles à Garbo Gretta Si tu veux voir des cartes postales, Monte dans ma caverne tout là-haut J'te ferai voir mes peintures murales On dirai du vrai Picasso
   {Au refrain}
Trois cent mille ans après sur terre Comme nos ancêtres nous admirons Les monts, les bois et les rivières Mais s'il revenait quelle déception De nous voir suer six jours sur sept Il dirait sans faire de détail Vraiment que nos descendants sont bêtes D'avoir inventé le travail!

La bague du poilu

   Musique: sur l'air de "Près de la Porte St-Denis " 1915
   note: partition vendue au profit des blessés, chanson dédiée aux poilus du 323ème
Venez avec moi chez les poilus, Dans la tranchée, sous les obus: Vous voyez les hommes occupés, Dans leur travail, très absorbé; Avec une lime, Avec son couteau, Chacun d'eux s'escrime Après un anneau, Il taille en silence, l'air très sérieux, Cisèle un bijoux précieux.
   {Refrain:}
Non! le sinistre éclat d'obus Méchant ne sera jamais plus. Le poilu, de sa main habile, En fait un anneau fragile, Grave dessus un petit coeur, Une croix ou même une fleur, L'éclat meurtrier n'est plus reconnu, C'est la bague du poilu! Boche avait dit: "Répandre la mort, Métal léger, voilà ton sort". Poilu de parler ayant son tour, Dit: "tu seras gage d'amour" Et ta fiancée Bientôt le reçoit, L'épouse charmée Le porte à son doigt, Alors du soldat, le coeur affectueux, Tressaille à présent tout joyeux.
   {au Refrain}
Un jeune et gentil petit soldat (J'lai su un jour, passant par là), Avait fait sa bague simplement, Puis à son doigt, très fièrement, Amoureux fidèle, Il portait l'anneau; Songeant à sa belle, Ah! qu'il était beau! Mais le nom chéri qu'il murmurait le soir, Ses amis ne pouvaient l'savoir. Non! le sinistre éclat d'obus, Depuis lors, méchant n'était plus, Le poilu de sa main habile, Avait fait l'anneau fragile; Il n'avait pas gravé de fleur Mais trois mots, dans l'intérieur; Pourtant, ces trois mots, nul n'les avait lus, Dans la bague du poilu! Bien grand était l'amour, dans son coeur, Qui lui donnait un air vainqueur, Oh! mais aussi bien mystérieux, Il le cachait à tous les yeux! "Non sa fiancée Ne lui écrit pas". C'était la pensée Des autres soldats, Mais lui, cependant, satisfait de son sort, L'aimait, l'aima jusqu'à la mort! Lorsqu'un soir un éclat d'obus Etendit raide le poilu! Ses amis, ô douleur amère, Durent l'enfouir dans la terre! Et retirant l'anneau précieux, Les trois mots frappèrent leurs yeux: "Vive la France " voilà ce qu'ils ont lu, Dans la bague du poilu!

La bourrée en Auvergne

{La bourrée en Auvergne La bourrée y va bien} bis Nous la dansons à quatre Quatre jeunes et beaux pâtres Nous la dansons à quatre Autour d'un musicien {Elle se danse en famille Dans les cours des hameaux} bis Les garçons et les filles En ont les yeux qui brillent Les garçons et les filles Dansant sous les ormeaux {Les jours de mariage La bourrée est partout} bis Au milieu du village Tout le monde s'engage Au milieu du village Nous dansons comme des fous

La butte rouge

   Paroles: Montéhus. Musique: Georges Krier 1923
   autres interprètes: Yves Montand, Renaud (1981), Zebda, Jean Populus (1998)
Sur c'te butte là, y avait pas d'gigolette, Pas de marlous, ni de beaux muscalins. Ah, c'était loin du moulin d'la Galette, Et de Paname, qu'est le roi des pat'lins. C'qu'elle en a bu, du beau sang, cette terre, Sang d'ouvrier et sang de paysan, Car les bandits, qui sont cause des guerres, N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents. La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptème s'fit un matin Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains Sur c'te butte là, on n'y f'sait pas la noce, Comme à Montmartre, où l'champagne coule à flôts. Mais les pauv' gars qu'avaient laissé des gosses, I f'saient entendre de pénibles sanglots. C'qu'elle en a bu, des larmes, cette terre, Larmes d'ouvrier et larmes de paysan, Car les bandits, qui sont cause des guerres, Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans. La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptème s'fit un matin Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin Qui boit de ce vin là, boira les larmes des copains Sur c'te butte là, on y r'fait des vendanges, On y entend des cris et des chansons. Filles et gars, doucement, y échangent, Des mots d'amour, qui donnent le frisson. Peuvent-ils songer dans leurs folles étreintes, Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers, J'ai entendu, la nuit, monter des plaintes, Et j'y ai vu des gars au crâne brisé. La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptème s'fit un matin Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin Mais moi j'y vois des croix, portant l'nom des copains.

La carmagnole

   Paroles et Musique: du citoyen Birard 1792

   1. Madam' Véto avait promis {2x}
   De faire égorger tout Paris {2x}
   Mais le coup a manqué
   Grâce à nos canonniers

   {Refrain:}
Dansons la carmagnole Vive le son vive le son! Dansons la carmagnole Vive le son du canon! 2. Monsieur Véto avait promis {2x} D'être fidèle à son pays {2x} Mais il a manqué Ne faisons plus quartier
   {au Refrain}
3. Antoinette avait résolu {2x} De nous faire tomber sur le cu {2x} Mais son coup a manqué, Elle a le nez cassé
   {au Refrain}
4. Son mari se croyant vainqueur {2x} Connaissait peu notre valeur {2x} Va, Louis, gros paour, Du temple dans la tour
   {au Refrain}
5. Les suisses avaient promis {2x} Qu'ils feraient feu sur nos amis {2x} Mais comme ils ont sauté Comme ils ont tous dansé
   {au Refrain}
6. Quand Antoinette vit la tour {2x} Elle voulut faire demi-tour {2x} Elle avait mal au cœur De se voir sans honneur
   {au Refrain}
7. Lorsque Louis vit fossoyer {2x} A ceux qu'il voyait travailler {2x} Il disait que pour peu Il était dans ce lieu
   {au Refrain}
8. Le patriote a pour amis {2x} Toutes les bonnes gens du pays {2x} Mais ils se soutiendront Tous au son du canon
   {au Refrain}
9. L 'aristocrate a pour amis {2x} Tous les royalistes à Paris {2x} Ils vous les soutiendront Tout comme de vrais poltrons 10. La gendarmerie avait promis {2x} Qu'elle soutiendrait la patrie {2x} Mais ils n'ont pas manqué Au son du canonnier
   {au Refrain}
11. Amis, restons toujours unis {2x} Ne craignons pas nos ennemis {2x} S'ils viennent nous attaquer, Nous les ferons sauter
   {au Refrain}
12. Oui, je suis sans-culotte, moi {2x} En dépit des amis du roi {2x} Vivent les Marseillais Les bretons et nos lois
   {au Refrain}
13. Oui, nous nous souviendrons toujours Des sans-culottes des faubourg {2x} A leur santé, nous buvons, Vivent ces francs lurons
   {au Refrain}

La chanson de Craonne

   Paroles: Anonymes. Musique: Adhémar Sablon 1917
   autres interprètes: Eric Amado, Ginette Garcin, Mouloudji, Marc Ogeret (1973), Rosalie Dubois
   note: Paroles anonymes, recueillies par Paul Vaillant-Couturier.
Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé, On va r'prendre les tranchées, Notre place est si utile Que sans nous on prend la pile. Mais c'est bien fini, on en a assez, Personn' ne veut plus marcher, Et le coeur bien gros, comm' dans un sanglot On dit adieu aux civ'lots. Même sans tambour, même sans trompette, On s'en va là haut en baissant la tête.
   {Refrain:}
Adieu la vie, adieu l'amour, Adieu toutes les femmes. C'est bien fini, c'est pour toujours, De cette guerre infâme. C'est à Craonne, sur le plateau, Qu'on doit laisser sa peau Car nous sommes tous condamnés C'est nous les sacrifiés! Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance, Pourtant on a l'espérance Que ce soir viendra la r'lève Que nous attendons sans trêve. Soudain, dans la nuit et dans le silence, On voit quelqu'un qui s'avance, C'est un officier de chasseurs à pied, Qui vient pour nous remplacer. Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.
   {au Refrain}
C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards Tous ces gros qui font leur foire; Si pour eux la vie est rose, Pour nous c'est pas la mêm' chose. Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués, F'raient mieux d'monter aux tranchées Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien, Nous autr's, les pauvr's purotins. Tous les camarades sont enterrés là, Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.
   {au Refrain}
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront, Car c'est pour eux qu'on crève. Mais c'est fini, car les trouffions Vont tous se mettre en grève. Ce s'ra votre tour, messieurs les gros, De monter sur l'plateau, Car si vous voulez la guerre, Payez-la de votre peau!

La chanson de Gavroche

   "Les misérables" raconté aux enfants"
   note: Tiré du chapitre ' La Mort de Gavroche', des Misérables de Victor Hugo (1862).
On est laid à Nanterre, C'est la faute à Voltaire, Et bête à Palaiseau, C'est la faute à Rousseau. Je ne suis pas notaire, C'est la faute à Voltaire Je suis petit oiseau, C'est la faute à Rousseau. Joie est mon caractère, C'est la faute à Voltaire, Misère est mon trousseau, C'est la faute à Rousseau. Je suis tombé par terre, C'est la faute à Voltaire, Le nez dans le ruisseau, C'est la faute à…

La chanson de la coupe (Coupo Santo)

   Paroles: Frédéric Mistral
   Titre original: "Coupo Santo"
1. Provençaux, voici la coupe Qui nous vient des Catalans Tous unis buvons en groupe Le vin pur de notre plant
   {Refrain:}
Coupe sainte, et très sainte Verse à pleins bords Sans compter, tous tes trésors Et l'énergie des forts 2. D'un vieux peuple fier et libre Nous sommes l'achèvement Et si tombant des félibres Tombera notre nation 3. D'une race qui repousse Voici les premiers bourgeons La patrie a des ressources Par ses chefs et ses héros 4. Verse-nous ton espérance Et tes rêves d'avenir Pour les siècles qui s'avancent Du passé le souvenir 5. Verse-nous la connaissance Qui transmet le Vrai, le Bien Et les autres jouissances Qui se moquent du tombeau

La chanson de la mariée (Conseils à la mariée)

   note: chanson bretonne qui aurait été chantée lors du mariage d'Anne de Bretagne avec le roi de France Charles VIII en 1492; voir aussi la version d'Hugues Aufray, sur le site
Nous sommes venus vous voir Du fond de not' village Pour souhaiter ce soir Un heureux mariage A monsieur votre époux Aussi bien comme à vous. Vous n'irez plus au bal Madame la mariée Danser sous le fanal Dans les jeux d'assemblée Vous gard'rez la maison Tandis que nous irons. Avez-vous écouté Ce que vous dit le prêtre? A dire la vérité Et comme il vous faut être: Fidèle à votre époux Et l'aimer comme vous. Quand on dit son époux On dit souvent "son maître" Ils ne sont pas si doux Comme ils ont promis d'être: Il faut leur conseiller De mieux se rappeler. Si vous avez, bretons Des bœufs dans vos herbages Des brebis, des moutons Des oisillons sauvages Songez, soir et matin Qu'à leur tour ils ont faim. Recevez ce bouquet Que nous venons vous tendre: Il est fait de genêts Pour vous faire comprendre Que tous les vains honneurs Passent comme des fleurs. [Variante du dernier couplet] Recevez ce gâteau Que ma main vous présente. Il est fait de façon A vous faire comprendre Qu'il faut pour se nourrir Travailler et souffrir.

La chanson de Roland

Le noble Charles, Roi des Francs, Avait passé monts et torrents, Restait l'arrière-garde Ayant pour chef Roland le Preux Voilà qu'ils se hasardent Au fond d'un val bien ténébreux. Hélas! Le traître Ganelon Avait gardé ce noir vallon Car une armée immense Soudain descend des pics voisins, La lutte à mort commence Aux cris stridents des Sarrasins. L'épée au poing, fier et sanglant, Il crie aussi le bon Roland Il court dans la bataille Jonchant de morts le sombre val Il frappe, il brise, il taille Partout résonne Durandal. Blessé trois fois, sire Olivier Dit à Roland, beau chevalier: "Sonnez vers Charlemagne, Sonnez vers lui, sonnez du cor, Sonnez par la montagne." Le bon Roland dit: "Pas encore" Enfin, percé de part en part Roland sonna; c'était trop tard Autour de lui, dans l'ombre Râlaient les gens et les chevaux Vaincu, mais par le nombre, Roland mourut à Roncevaux.

La chanson des échos

   Paroles: Roland Gaël. Musique: P. Codini et Ch-H. Laurent
   © Editions Réunies (Ver luisant – Codini – Julsam)
   note: indiqué sur la partition "collection des vieux succès français". Cette chanson fut interdite en France pendant l'occupation.

   {Refrain:}
Ohé, là-bas, là-haut, Ecoutez les échos, Ohé, ohé, écho. Sous le ciel étoilé Dans la montagne Pauvre pâtre isolé Et sans compagne, Dans les sentiers perdus Tout blancs de lune Ô pâtre qu'entends-tu, Dans la nuit brune? Je n'entends pas l'air des violons Versant des flots d'harmonie Pour les heureux de la vie, Sous les beaux lustres des grands salons, Mais j'entends dans la montagne Des airs plus langoureux et plus beaux, C'est lorsque la nuit nous gagne, La chanson des échos.
   {au Refrain}
Sous le soleil ardent La tête nue, Paysan rude et lent, A la charrue Toujours le dos tendu, Dur à la peine, Paysan qu'entends-tu Parmi la plaine? Je n'entends pas l'air des violons Versant des flots d'harmonie Pour les heureux de la vie, Sous les beaux lustres des grands salons, Mais les bruits de mon village Viennent passer sur les blés nouveaux, Et j'entends, sous les ombrages, La chanson des échos.
   {au Refrain}
Au large sur la mer Sous la rafale Marin au regard clair Que mord le hâle Sur ton canot battu, De flots d'écume, Ô marin qu'entends-tu, Au fond des brumes? Je n'entends pas l'air des violons Versant des flots d'harmonie Pour les heureux de la vie, Sous les beaux lustres des grands salons, Mais mon vieux clocher qui chante Me fait rêver le soir sur les flots, Et j'entends dans la tourmente La chanson des échos.
   {au Refrain}
Quand s'éveille Paris, Torrent qui roule A travers tous les bruits, Parmi la foule De ton pas résolu, Coupant la bise, Ouvrier, qu'entends-tu Dans l'aube grise? Je n'entends pas l'air des violons Versant des flots d'harmonie Pour les heureux de la vie, Sous les beaux lustres des grands salons, Mais les clameurs des machines Qui se mêlent au bruit des marteaux, Et les longs sifflets d'usine Traversant les échos.
   {au Refrain}
Dans la tranchée, là-bas, Quand tout sommeille Après les durs combats, Soldat qui veille Sous les murs abattus Plus rien ne bouge. Ô soldat, qu'entends-tu Dans la nuit rouge? Je n'entends pas l'air des violons Versant des flots d'harmonie Pour les heureux de la vie, Sous les beaux lustres des grands salons, Mais une rumeur de gloire Passe dans les nuages là-haut, Et c'est un chant de victoire Que m'apporte l'écho.

La complainte de Mandrin

   autres interprètes: Guy Béart (1969)
Nous étions vingt ou trente Brigands dans une bande, Tous habillés de blanc A la mode des, vous m'entendez, Tous habillés de blanc A la mode des marchands. La première volerie Que je fis dans ma vie, C'est d'avoir goupillé La bourse d'un, vous m'entendez, C'est d'avoir goupillé La bourse d'un curé. J'entrai dedans sa chambre, Mon Dieu, qu'elle était grande, J'y trouvai mille écus, Je mis la main, vous m'entendez, J'y trouvai mille écus, Je mis la main dessus. J'entrai dedans une autre Mon Dieu, qu'elle était haute, De robes et de manteaux J'en chargeai trois, vous m'entendez, De robes et de manteaux J'en chargeai trois chariots. Je les portai pour vendre A la foire de Hollande J'les vendis bon marché Ils m'avaient rien, vous m'entendez, J'les vendis bon marché Ils m'avaient rien coûté. Ces messieurs de Grenoble Avec leurs longues robes Et leurs bonnets carrés M'eurent bientôt, vous m'entendez, Et leurs bonnets carrés M'eurent bientôt jugé. Ils m'ont jugé à pendre, Que c'est dur à entendre A pendre et étrangler Sur la place du, vous m'entendez, A pendre et étrangler Sur la place du marché. Monté sur la potence Je regardai la France Je vis mes compagnons A l'ombre d'un, vous m'entendez, Je vis mes compagnons A l'ombre d'un buisson. Compagnons de misère Allez dire à ma mère Qu'elle ne m'reverra plus J' suis un enfant, vous m'entendez, Qu'elle ne m'reverra plus J'suis un enfant perdu.

La complainte du corsaire

   Paroles: Henri Contet. Musique: André Grassi 1946
   autres interprètes: Jean Denis, Armand Mestral
Où es-tu camarade, où es-tu? En prison, et le ciel par dessus Que fais-tu camarade, que fais-tu? Un corsaire est toujours un pendu! Tous feux éteints tambour battant C'est aujourd'hui que l'on me pend Et voilà ma dernière escale Je n'irai plus dessus la mer Mais j'entrerai en mon enfer En bousculant cent mille étoiles Ce que j'ai fait? Dieu seul le sait Je n'étais pas aussi mauvais Que le bourreau qui va me pendre. J'aimais chanter oh hisse et haut, J'aimais aussi mon grand bateau Qui savait si bien me comprendre. Où es-tu camarade, où es-tu? En prison, et le ciel par dessus Que fais-tu camarade, que fais-tu? Un corsaire est toujours un pendu! J'en ai passé des nuits d'amour Chacun pour soi, chacun son tour, Nous fallait bien notre pitance Mais pas un cœur ne va pleurer Quand je serai mort et enterré Tout seul au pied de ma potence. Le vent de mer nous a trahis, Nous a fait voir de beaux pays, Et puis voilà où nous en sommes! Le vent de mer est un menteur, Les braves gens n'ont pas de cœur Et le corsaire est un pauvre homme Où es-tu camarade, où es-tu? En prison, et le ciel par dessus Que fais-tu camarade, que fais-tu? Un corsaire est toujours un pendu!

La confession d'un gueux

   Paroles: H. Delattre et Antoine Queyriaux. Musique: Adelmar Sablon
Quoi, monsieur l'curé, faudrait que j' vous dise Si j' crois au Bon Dieu? Vous vous moquez d' moi! Si j' viens d' temps en temps dans votre vieille église C'est qu' vous la chauffez et qu' dehors, j'ai froid. Mais comme cependant vous m' semblez brave homme, J' viens vous faire tout d' même un brin d' confession. J' suis qu'un va-nu-pieds, une pauvre bête de somme, Je n'ai qu' l'expérience et pas d'instruction; Mais j' peux bien vous l' dire en toute liberté, Ces grands mots qu' partout On lit à la ronde, Votre Egalité, votre Fraternité, Ils sont écrits là pour se foutre du monde! T'nez, monsieur l' curé, quand j'étais tout mioche, J' n'ai pas eu d' baisers, mais j'ai r'çu des coups, On m'en a fichu d' ces sacrées taloches. Il est vrai qu'mon père n'm'aimait pas beaucoup. A douze ans, on m' mit en apprentissage, j' fus l'souffre-douleur d' certains ouvriers. Alors, un beau jour, je perdis courage Et j' partis, montrant l'poing à l'atelier. Quand vous dites qu'il faut aimer son prochain, Et que j' me souviens de toutes mes misères! C'est toujours Abel qu'est tué par Caïn! Ne prêchez donc pas qu' tous les hommes sont frères. T'nez, monsieur l'curé, à vingt ans à peine, Je partis soldat, j' croyais être heureux, Si j' n'eus pas à m' plaindre de mon capitaine, J' n'en dis pas autant des p'tits galonneux. Ils m' traitaient d' crétin, d' fainéant, d' sale bourrique. Y en a qui trouvent ça très intelligent, Et j'ai ramassé pour cinq ans d'Afrique Parc' qu'un jour, furieux, j' frappai mon sergent. J' sais pas si là-haut, c' que dans votre fourbi Vous app'lez l'Enfer, c'est une chose atroce; Mais j' vous garantis qu' sortant d' Biribi, Le mouton l' plus doux d'vient une bête féroce! T'nez, monsieur l'curé, je n' veux plus rien dire Parc' que j' sens qu' maintenant, j'irais p't-être trop loin, Repoussé d' partout, j' termine mon martyre Jusqu'à c'qu'on m'ramasse crevé dans quéqu' coin. Y a une Société qui protège les bêtes, Qui les r'cueille et veille à c'qu'elles n' meurent pas d' faim. Savez-vous c' qu'en pensent quelques mauvaises têtes? Qu'on en fasse autant pour le genre humain. Aimer les quatre-pattes, certainement qu' c'est beau Et les philanthropes ont raison en somme, Je n' suis pas jaloux du sort des cabots; Mais, avant les chiens, faut nourrir les hommes!

La croix du chemin

   Paroles: Roland Gaël. Musique: Gustave Goublier 1900
Pareille au chêne de cent ans La vieille croix de bois sur les moissons sommeille Des soirs bleus à l'aube vermeille Sous les neiges d'hiver, dans les fleurs du printemps Elle est là dans les luzernières De l'orage bravant les coups Pour dire aux paysans: Soyez bons! Aimez-vous! Restez unis comme des frères C'est la croix du chemin, rêveuse et solitaire Avec ses bras tendus qui bénissent la terre Debout, devant l'horizon noir C'est la croix du chemin, sur la plaine en prière Dans les rumeurs du vent et dans la paix du soir A travers le sol beauceron Pas un arbre n'étend son feuillage immobile Dans l'océan vert, c'est une île Que l'on voit se dresser sur le grand horizon L'alouette des champs s'y pose Dans son ombre, le vagabond S'abrite du soleil en mangeant le pain rond Qu'un filet d'eau de source arrose C'est la croix du chemin; elle te parle, écoute, Errant au ventre creux qui passe sur la route, Plante-là ton bâton d'ormeau C'est la croix du chemin, chemineau pâle, écoute Et salue, en rêvant, Jésus le chemineau. Moi qui ne tremble devant rien Incrédule, endurci, blasé par la souffrance, Perdu parmi la plaine immense J'ai dit: Que fais-tu là, vieille croix du chemin? Sous la nuit étendant ses voiles, Tu te penches plus qu'il ne faut! C'est afin, dit la croix, qu'un de mes bras, là-haut, Te montre encore les étoiles C'est la croix du chemin qui parle au vent d'automne A travers les rumeurs de l'angélus qui sonne Quand tu regardes le ciel bleu C'est la croix du chemin dont la pitié pardonne Toi qui ne crois à rien, tu crois peut-être à Dieu.

La danse des canards

   Paroles: Terry Rendall Fr: Guy de Paris amp; Joec. Musique: Werner Thomas 1973
1 – C'est la danse des canards Qui en sortant de la mare Se secouent le bas des reins Et font coin-coin Fait's comme les petits canards Et pour que tout l'monde se marre Remuez le popotin En f'sant coin-coin A présent claquez du bec En secouant vos plumes, avec Avec beaucoup plus d'entrain Et des coin-coin Allez mettez-en un coup On s'amuse comme des p'tits fous Maintenant pliez les g'noux Redressez-vous…
   {Refrain:}
Tournez c'est la fête Bras dessus-dessous Comm' des girouettes C'est super chouette C'est extra-fou… 2 – C'est la danse des canards Les gamins comme les loubards Vont danser ce gai refrain Dans tous les coins Ne soyez pas en retard Car la danse des canards C'est le tube de demain Coin-coin, coin-coin Il suffit d'fermer le bec En mettant ses plumes au sec Pliez les genoux c'est bien Et faites coin-coin Ça y est vous avez compris Attention c'n'est pas fini Nous allons jusqu'au matin Faire des coin-coin 3 – C'est la danse des canards Qui en sortant de la mare Se secouent le bas des reins Et font coin-coin A présent claquez du bec En secouant vos plumes avec Avec beaucoup d'entrain Et des coin-coin C'est la danse des canards C'est dément et c'est bizarre C'est terribilos comm' tout C'est dingue, c'est tout Allez mettez-en un coup On s'amus' comm' des p'tits fous Maintenant pliez les g'noux Redressez-vous… 4 – C'est la danse des canards Qui en sortant de la mare Se secouent le bas des reins Et font coin-coin Fait's comm' les petits canards Et pour que tout l' monde se marre Remuez le popotin En f'sant coin-coin C'est la danse des canards Les gamins comm' les loubards Vont danser ce gai refrain Dans tous les coins Ne soyez pas en retard Car c'est la danse des canards C'est le tube de demain Coin-coin coin-coin (Et c'est la fin).

La fanfare du printemps

   Paroles: Joseph Bovet. Musique: Joseph Bovet
   autres interprètes: Chorales
   note: Joseph Bovet (1879-1951) était un abbé suisse qui composa (parmi 3000 œuvres) le célèbre "Vieux chalet" (Là-haut sur la montagne)
Il nous vient le gai printemps: Oui c'est lui, le voici, le gai printemps Qui vient le visage ensoleillé. Sur ses pas, les enfants émerveillés, Chantent, joyeux, le retour du mois de mai charmant. Son cortège, avec solennité, Passe auprès des bois de sapins verts. Et, bientôt, partout dans l'univers, On n'entend plus que les cris, Des chants, de la gaité. Quels ravissants ramages Surgissent des buissons; Oiseaux des verts bocages, C'est vos chansons.

La fillette perdue

   Paroles et Musique: L. Bénech, E. Dumont 1911
Ma maîtresse un jour mit au monde, Une jolie fillette blonde, Puis elle mourut, alors j'eu peur Que cette gosse là gêne mon bonheur. Dans la vie faut pas de sentiment, Débarrasse toi de cette enfant. Et certain soir, malgré la bise, Je la laissais devant une église. La cloche se mit à sonner, Comme un fou je me suis sauvé.
   {Refrain:}
Elle a des yeux bleus comme l'azur, Des cheveux blonds comme les blés mûrs, De sa petite main si frêle, elle m'appelle. Si jamais vous la rencontrez, Dites lui de me pardonner, Pour toujours j'ai perdu la tête, En perdant ma fillette. J'ai peur, ah non ça c'est trop bête, Pour oublier faisons la fête, Ici l'on danse, ici l'on boit, Toi ma jolie, viens avec moi. Garçon à boire, à boire encor! Entendez-vous ces cris dehors? Laissez-moi donc, il faut que je sorte, Je sais bien moi qu'elle n'est pas morte. Qui donc m'appelait dans la nuit? Plus personne je suis maudit.
   {au Refrain}
Mais tout là bas, oui c'est bien elle, Mon Dieu qu'elle est devenue belle! C'est toi ma fille, viens dans mes bras, On nous poursuit, ne crie pas comme ça. Bonnes gens pourquoi me frapper, Pardonnez si je me suis trompé, Ah! Comme j'ai mal, ma tête bourdonne, Ecoutez les cloches qui sonnent. C'est là-bas dans ce vieux clocher, Ah! Ma fille je viens te chercher.
   {au Refrain}

La grève des mères

   Paroles: Montéhus. Musique: Raoul Chantegrelet 1905
Puisque le feu et la mitraille Puisque les fusils les canons Font dans le monde des entailles Couvrant de morts les plaines et les vallons Puisque les hommes sont des sauvages Qui renient le dieu fraternité Femmes debout! Femmes à l'ouvrage! Il faut sauver l'humanité.
   {Refrain:}
Refuse de peupler la terre! Arrête la fécondité! Déclare la grève des mères! Aux bourreaux crie ta volonté! Défends ta chair, défends ton sang! A bas la guerre et les tyrans! Pour faire de ton fils un homme Tu as peiné pendant vingt ans Tandis que la gueuse en assomme En vingt secondes des régiments. L'enfant qui fut ton espérance L'être qui fut nourri de ton sein Meurt dans d'horribles souffrances Te laissant vieille, souvent sans pain
   {Au refrain}
Est-ce que le ciel a des frontières? Ne couvre-t-il pas le monde entier? Pourquoi sur Terre des barrières? Pourquoi d'éternels crucifiés? Le meurtre n'est pas une victoire! Qui sème la mort est un maudit! Nous ne voulons plus, pour votre gloire Donner la chair de nos petits.

La java

   Paroles: Albert Willemetz. Musique: Georges Krier 1923
   autres interprètes: Mistinguett, Annie Duparc, Zizi Jeanmaire, Renaud (1983)
Quand arrive le samedi, sans foutre de vernis, ni faire de toilette, nous partons au galop, avec nos costauds, dans un bal musette, où nous nous retrouvons rien qu'entre mectons et vraies gigolettes deux par deux on tourne, on tourne, et on fredonne au son de l'accordéon Qu'est-ce qui dégote le fox-trotte et même le chimi les pas english, la scottish et tout c'qui s'en suit. C'est la java, la vielle masurcha du vieux sébasto T'es ma nenesse, tu es ma gonzesse je suis ton julot. Tout contre moi serre toi, bien fort dans mes bras je te suivrais je ferais ce que tu voudras. Quand je te prends dans mon cœur je sens comme un vertigo, t'aimes ma casquette, mes deux rouflaquettes et mon bout d'mégot. Mais, boul'vard Saint Germain, les gens du gratin, ils ont pas de principe. dès que les purotins ont quelqu'chose de bien y faut qu'ils leur chippent. A présent les mondains essayent mais en vain de copier nos types et les poules de luxe dans les salons chantent en se pavant à leurs michtrons. Qu'est-ce qui dégote le fox-trotte et même le chimi les pas english, la scottish et tout c'qui s'en suit. C'est la java, la vielle masurcha du vieux sébasto T'es ma nenesse, tu es ma gonzesse je suis ton julot. Tout contre moi serre toi, bien fort dans mes bras je te suivrais je ferais ce que tu voudras. Quand je te prends dans mon cœur je sens comme un vertigo, t'aimes ma casquette, mes deux rouflaquettes et mon bout d'mégot. Quand je te prends dans mon cœur je sens comme un vertigo, t'aimes ma casquette, mes deux rouflaquettes et mon bout d'mégot.

La jeune fille du métro

   autres interprètes: Colette Renard, Renaud (1981)
C'était une jeune fille simple et bonne Qui demandait rien à personne Un soir dans l'métro, y avait presse Un jeune homme osa, je l'confesse Lui passer la main… Sur les ch'veux Comme elle était gentille, elle s'approcha un peu. Mais comme a craignait pour ses robes A ses attaques elle se dérobe Sentant quelqu'chose qui la chatouille Derrière son dos elle tripatouille Et tombe sur une belle paire… De gants Que l'jeune homme, à la main, tenait négligemment. En voyant l'émoi d'la d'moiselle Il s'approcha un p'tit peu d'elle Et comme en chaque homme, tout de suite S'éveille le démon qui l'habite Le jeune lui sorti… Sa carte Et lui dit j'm'appelle Jules, et j'habite rue Descartes. L'métro continue son voyage Elle se dit c'jeune homme n'est pas sage Je sens quelque chose de pointu Qui d'un air ferme et convaincu Cherche à pénétrer… Dans mon cœur Ah qu'il est doux d'aimer, quel frisson de bonheur. Ainsi à Paris, quand on s'aime On peut se le dire sans problème Peu importe le véhicule N'ayons pas peur du ridicule Dites lui simplement… Je t'en prie Viens donc à la maison manger des spaghettis.

La jeune grenouille

1. Jadis vivait au fond d'un marécage Laïtou, laïtou, laïtou la la Une jeune grenouille aussi belle que sage Laïtou, laïtou, laïtou la la {x2} 2. Un jeune crapaud à peu près de son âge Laïtou, laïtou, laïtou la la S'en vint un jour lui parler mariage Laïtou, laïtou, laïtou la la {x2} 3. Je voudrais bien, lui dit-elle avec âme Mais mon tuteur veut de moi faire sa femme 4. Ca ne fait rien, ce soir, je vous enlève Nous irons loin pour vivre ce beau rêve 5. Lors le tuteur, vieux lézard à l'œil louche Lui dit "Va-t-en, morveux, où je te mouche" 6. Le jeune crapaud, à cette injure mortelle Tire son sabre, et lui brûle la cervelle 7. Mais poursuivi par toute la justice Il s'asphyxie au fond d'un précipice 8. La jeune grenouille ainsi abandonnée Alla s'noyer auprès de sa cheminée 9. C 'est en mémoire de c't'aventure cruelle Que l'on a fait construire la Tour Eiffel!

La légende de Saint Nicolas

   Paroles et Musique: Traditionnelle Noël Lorrain 1990 "Mon beau sapin"
S'en vinrent un soir chez un boucher: – "Boucher, voudrais-tu nous loger?" – "Entrez, entrez, petits enfants, y a d'la place assurément."
   {Refrain:}
Ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs. Ils n'étaient pas sitôt entrés que le boucher les a tués, les a coupés en p'tits morceaux, mis au saloir comme pourceaux. Saint Nicolas au but d'sept ans, vint à passer dedans ce champ. Il s'en alla chez le boucher: – "Boucher, voudrais-tu me loger?" – "Entrez, entrez Saint Nicolas, de la place il n'en manque pas". Il n'était sitôt entré qu'il a demandé à souper. – "Voulez-vous un morceau d'jambon?" – "Je n'en veux pas, il n'est pas bon". – "Voulez-vous un morceau de veau?" – "Je n'en veux pas, il n'est pas beau. De ce salé, je veux avoir, qu'y a sept ans qu'est dans l'saloir". Quand le boucher entendit ça hors de sa porte, il s' enfuya. – "Boucher, boucher, ne t'enfuis pas. Repens-toi. Dieu te pardonn'ra" Saint Nicolas posa trois doigts dessus le bord de ce saloir. – "Petits enfants qui dormez là, je suis le grand saint Nicolas". Le grand saint étendit trois doigts. Les p'tits se relèvent tous les trois. Le premier dit: "J'ai bien dormi"; le second dit: "Et moi aussi"; Et le troisième répondit: "Je croyais être en Paradis!"

La mal mariée

   note: Chanson Berrichonne
Mon père m'a mariée à un tailleur de pierre (bis) Le lendemain de mes noces, m'envoie à la carrière, là! Déjà mal mariée, déjà Déjà mal mariée, déjà Déjà mal mariée, déjà Le lendemain de mes noces, m'envoie à la carrière (bis) Et j'ai trempé mon pain dans le jus de la pierre, là! Déjà mal mariée, déjà… Et j'ai trempé mon pain dans le jus de la pierre (bis) Par là vint à passer le curé du village, là! Déjà mal mariée, déjà… Par là vint à passer le curé du village (bis) Bonsoir Monsieur l'curé, j'ai trois mots à vous dire, là! Déjà mal mariée, déjà… Bonsoir Monsieur l'curé, j'ai trois mots à vous dire (bis) Hier vous m'avez fait femme, aujourdhui faites-moi fille, là! Déjà mal mariée, déjà… Hier vous m'avez fait femme, aujourdhui faites-moi fille (bis) De fille je fais femme, de femme je n'fais point fille, là! Déjà mal mariée, déjà…

La Marseillaise

   Paroles et Musique: Claude Rouget de Lisle 1792
   autres interprètes: Mouloudji, Michel Sardou (1976), Mireille Mathieu, Marc Ogeret
   note: Hymne national français
Allons enfants de la Patrie Le jour de gloire est arrivé Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé {2x} Entendez vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats Ils viennent jusque dans vos bras, Egorger vos fils, vos compagnes
   {Refrain:}
Aux armes citoyens! Formez vos bataillons! Marchons, marchons, Qu'un sang impur abreuve nos sillons Que veut cette horde d'esclaves De traîtres, de Rois conjurés? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fers dès longtemps préparés? {2x} Français! pour nous, ah! quel outrage! Quels transports il doit exciter! C'est nous qu'on ose méditer De rendre à l'antique esclavage!
   {au Refrain}
Quoi! des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers? Quoi! ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers {2x} Grand Dieu! par des mains enchaînées Nos fronts sous le joug se ploieraient, De vils despotes deviendraient Les maîtres de nos destinées?
   {au Refrain}
Tremblez, tyrans! et vous, perfides, L'opprobe de tous les partis, Tremblez! vos projets parricides Vont enfin recevoir leur prix {2x}. Tout est soldat pour vous combattre, S'ils tombent, nos jeunes héros, La terre en produit de nouveaux Contre vous tous prêts à se battre
   {au Refrain}
Français! en guerriers magnanimes Portez ou retenez vos coups. Epargnez ces tristes victimes A regret s'armant contre nous {2x}. Mais le despote sanguinaire, Mais les complices de Bouillé, Tous ces tigres qui sans pitié Déchirent le sein de leur mère
   {au Refrain}
Amour sacré de la Patrie Conduis, soutiens nos bras vengeurs! Liberté, Liberté chérie! Combats avec tes défenseurs {2x}. Sous nos drapeaux, que la victoire Accoure à tes mâles accents, Que tes ennemis expirant Voient ton triomphe et notre gloire!
   {au Refrain}
Nous entrerons dans la carrière, Quand nos aînés n'y seront plus Nous y trouverons leur poussière Et les traces de leurs vertus. {2x} Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre!
   {au Refrain}

Là où y a plus d'Fritz (La chanson de la Libération)

   Paroles: Daverdain. Musique: L. Daniderff 1944
   note: Adaptation de "Là où y a des frites" (1935)
Ouf! Ça y est. À coups de bottes dans les reins On a viré tous les Fridolins Qui s'croyaient jusqu'à la Saint-Glinglin Dans l' fromage Ce fut long, mais maintenant ça y est Les Alliés ayant mis tout l'paquet Les Boches sont sur les genoux Et l'on peut dire chez nous En s'mettant d'l'eau bénite partout

Où çà?

   {Refrain:}
Là où y a plus d'Fritz De na-na, de nazis, couleur vert-de-gris Enfin l'on existe Car chez nous, comme des poux, Ça grouillait partout Y a tant d'joie et tant d'bonheur dans nos cœurs Qu'on s'mettrait des lampions jusques au croupion Là où, là où, là où, là où, là où Y a plus d' Fritz Pom! Pom! Quand y avait rien pour nous à bouffer Rien à boire, deux décades à fumer Ils s'goinfraient dans nos Champs-Elysées Aux Palaces Maintenant on va revoir du lard Du perlot, d'la bidoche, du pinard, A eux d'claquer du bec Pour nous plus d'régime sec On r'trouv'ra du pain et l'beurre avec Où ça?
   {Au Refrain}
Y en avait qu'pour eux. Ah Les salauds! Avec tous leurs bobards pour ballots Qu'ils bavaient chaque jour dans la radio Vichyssoise C'est à eux qu'étaient les plus beaux cinés Où s'truquaient leurs actualités Maintenant c'n'est pas trop tôt Plus d'Hitler, c'est Charlot Qui jouera les comiques rigolos Où ça?
   {Au Refrain}
La morale de cette chanson C'est qu'on peut la chanter sans façon A la gueule des salopards teutons On est libres! Braves Français, vous avez retrouvé Le droit d'vivre avec liberté! Les beaux temps sont revenus Chantons à corps perdus Puisque les Fridolins sont foutus!

La pendule à Célestin

Je tiens de papa depuis ma naissance Un vrai trésor, foi de Célestin, C'est une pendule pleine d'élégance Dont toutes les filles ont le béguin Elle marque les minutes et les secondes Mais ce qui fait surtout sa particularité C'est qu'elle a dessous deux petites boules Qui lui servent de balancier Très sensibles à la main des filles Son mouvement marche au ralenti Mais dès que l'on touche la grande aiguille Elle marque aussitôt midi Mais l'autre jour ayant la cuite Une fille de feu pour s'amuser La fait tourner dix coups de suite Jusqu'à ce que le ressort soit cassé Je l'ai porté chez un homme de science Qui ne peut rien malgré son art Et ma pendule qui avait de l'avance A maintenant six heures de retard Elle est trop vieille maintenant Et elle s'arrête au moment de s'en servir Je suis obligé que c'est bête De la remuer pour la faire partir Ma pendule a trop servi Malgré toute sa volonté Elle marque toujours six heures et demies Et il n'y a plus moyen de la remonter

La Pitchouli

   note: Chant traditionnel basque
Ma mère m'a donné la permission… de minuit! Pour aller me saouler la gueule à la Pitchouli, Pour aller me saouler la gueule à la Pitchouli! La Pitchouli, la Pitchouli, Le rendez-vous de tous les basques du pays! La Pitchouli, la Pitchouli, Le rendez-vous de nos dimanches après midi! La Pitchouli, la Pitchouli, Dans le midi c'est le pastis qui nous unit!

La poule à Collin

   Paroles: Folklore
Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Colin a t'une poule qui pond tous les matins Elle a été faire sa ponte dans la cour à Martin Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Elle a été faire sa ponte dans la cour à Martin Martin a pris sa fourche, lui a cassé les reins Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Martin a pris sa fourche, lui a cassé les reins Il a fait une bonne sauce pour le dimanche au matin Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Il a fait une bonne sauce pour le dimanche au matin Tout l'monde de la paroisse sont venus saucer leur pain Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Tout l'monde de la paroisse sont venus saucer leur pain Ainsi qu'Monsieur l'curé qui est venu saucer le sien Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Ainsi qu'Monsieur l'curé qui est venu saucer le sien Trouva la sauce si bonne, qu'y s'y trempa les mains Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Trouva la sauce si bonne, qu'y s'y trempa les mains Des mains, ben, jusqu'aux coudes, des coudes jusqu'aux reins Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Des mains, ben, jusqu'aux coudes, des coudes jusqu'aux reins Il a fit perdre la messe à tout' ses paroissiens Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Il a fit perdre la messe à tout' ses paroissiens À toutes ces bonnes vieilles qui en ont tant de besoin Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Il a fit perdre la messe à tout' ses paroissiens À toutes ces bonnes vieilles qui en ont tant de besoin Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin Tu n'entends pas mon lanlire Tu n'entends pas mon latin

La rose au boué

   18e.
   autres interprètes: Lisette Jambel (1963), Les Satellites (1971), Anne Sylvestre (1993)
Mon père avec ma mère N'avaient fille que moué {2x} La destinée, la rose au boué La rose au boué N'avaient fille que moué La destinée, ohé! Ils me firent faire une robe Une robe de soué {2x} La destinée, la rose au boué La rose au boué N'avaient fille que moué La destinée, ohé! On me la porte à coudre Au grand tailleur du roué {2x} etc… A chaque coup d'aiguille: "Ma fille embrasse-moué." {2x} etc… C'est pas l'affaire des filles D'embrasser les garçons {2x} etc… Mais c'est l'affaire des filles De balayer la maison {2x} etc… Quand les maisons sont propres Les amoureux y vont {2x} etc… Et ils y vont quatre par quatre En jouant du violon {2x} Etc… Quand les maisons sont sales, Les amoureux s'en vont {2x} Etc… Ils s'en vont quatre par quatre En jouant du bâton {2x} etc…

La servante coquette

Dedans Paris y a-t-une dame Qu'est aussi belle que le jour Mais elle avait une servante Qu'aurait, qu'aurait, qu'aurait voulu Etre aussi belle que sa maîtresse Mais elle n'a pu Elle s'en fut chez l'apothicaire Monsieur, me vendrez-vous du fard? Vous en vendrai-z-à six francs l'once; C'est deux, c'est deux écus. Mettez m'en donc une demi-once Pour mon écu La belle, quand vous voudrez vous peindre Prenez bien garde de vous mirer Eteignez bien votre chandelle Barbou, barbou, barbouillez-vous Le lendemain, vous serez belle Comme le jour Le lendemain, au point du jour La belle prend ses beaux atours Ses bas de soie, sa jupe verte Son blanc, son blanc, son blanc corset Et s'en va faire un tour en ville S' faire admirer En son chemin a fait rencontre De trois garçons fort à son gré «Où allez-vous ainsi, la belle, Toute bar, toute bar, toute barbouillée, Avec une figure aussi noire Qu'un charbonnier?» Elle s'en fut chez l'apothicaire Monsieur, que m'avez-vous donné? J' vous ai donné du noir cirage Pour vos, pour vos, pour vos souliers C' n'est pas l'état d'une servante De se farder

La Strasbourgeoise

   autres interprètes: La chorale du Prytanée National Militaire
   note: chanson populaire portant également le titre de "L'enfant de Strasbourg", "Petit papa voici la mi-carême", dont il existe de nombreuses variantes
Petit papa, voici la mi-carême, Car te voici déguisé en soldat. Petit papa, dis-moi si c'est pour rire Ou pour faire peur aux tout-petits enfants {x2} Non, mon enfant, je pars pour la Patrie: C'est un devoir où tous les papas s'en vont. Embrasse-moi, petite fille chérie, Je rentrerai bien vite à la maison {x2} Dis-moi, maman, quelle est cette médaille, Et cette lettre qu'apporte le facteur? Dis-moi maman, tu pleures et tu défailles Ils ont tué petit père adoré {x2} Oui, mon enfant, ils ont tué ton père; Pleurons ensemble, car nous les haïssons. Quelle guerre atroce qui fait pleurer les mères Et tue les pères des petits anges blonds {x2} La neige tombe aux portes de la ville. Là est assise une enfant de Strasbourg. Elle reste là malgré le froid, la bise, Elle reste là malgré le froid du jour {x2} Un homme passe, à la fillette donne. Elle reconnaît l'uniforme allemand. Elle refuse l'aumône qu'on lui donne. A l'ennemi, elle dit bien fièrement {x2} Gardez votre or, je garde ma puissance; Soldat prussien, passez votre chemin. Moi, je ne suis qu'une enfant de la France. A l'ennemi, je ne tends pas la main {x2} Tout en priant sous cette cathédrale, Ma mère est morte sous ce porche écroulé, Frappée à mort par l'une de vos balles, Frappée à mort par l'un de vos boulets {x2} Mon père est mort sur vos champs de bataille, Je n'ai pas vu l'ombre de son cercueil, Frappé à mort par l'une de vos balles. C'est la raison de ma robe de deuil {x2} Vous avez eu l'Alsace et la Lorraine, Vous avez eu des millions d'étrangers, Vous avez eu Germanie et Bohême, Mais mon p'tit cœur, vous ne l'aurez jamais, Mais mon p'tit cœur, lui restera français {x2}

La valse qu'on oublie (La valse jolie)

   Paroles: E. Dumont. Musique: F.L. Bénech 1922
Ils s'étaient rencontrés ma fois très simplement, Par un soir de printemps! En écoutant chanter, au coin du vieux faubourg Une valse d'amour. Regardant des beaux yeux, il murmura tout bas: «Acceptez donc mes bras» Mais elle répondit avec un air moqueur: «Cette chanson me fait peur»
   {Refrain:}
C'est la valse jolie Que chantent les amants, Prend bien garde ma mie, A son charme troublant! Dans un refrain berceur, Elle prendra ton cœur. Mais la valse d'amour, Devient presque toujours, La valse qu'on oublie. Mais ils se sont revus, car lorsqu'on a vingt ans, Il faut croire aux serments. Et quand il lui jura dans un très doux baiser, De toujours l'adorer, Elle quitta sa maman, disant: «Faut me pardonner Si je te fais pleurer Mais l'amour est plus fort, plus fort que la raison Et que toutes les chansons.»
   {au Refrain}
Puis ils se sont quittés, l'amour n'est-il pas fait De désirs, de regrets? Ah! qu'il est beau le rêve, Lorsque l'on va partir, Il ne doit pas finir. Seulement un soir d'hiver, devant un vieux coffret On relit des billets Et la dernière lettre, celle qu'on n'oublie pas, Fait murmurer tout bas.
   {au Refrain}

La vertu de Madeleine

   Paroles: F.L. Benech. Musique: G. Caye 1909
Un beau soir la jolie petite Madeleine, Un grand carton dans chaque main S'en allait se retroussant avec peine, Le long de la Chaussée d'Antin. Un monsieur s'approchant dit: «Ma belle, Prenez garde à votre jupon, Vous allez déchirer la dentelle, Je vais vous porter un carton.» «Si ce n'est que pour ça, c'est pas la peine, Répondit Madeleine, Je vous préviens tout de suite pour vous fixer C'est inutile d'insister, Si l'on nous voyait tous deux quelle affaire, Que dirait ma mère? Je préfère abîmer mon jupon, Qu'abîmer ma réputation.» Cependant, chaque jour de la semaine, Le jeune homme amoureux fou, Revenait voir la jeune fille les mains pleines De dentelles et de bijoux. Pour ne pas le fâcher la demoiselle Acceptait tout, mais un jour, «Qu'espérez-vous de moi?» lui dit-elle «J'espère gagner votre amour!» «Si ce n'est que pour ça ce n'est pas la peine Répondit Madeleine, Je vous préviens tout de suite pour vous fixer C'est inutile d'insister, Vous n'aurez pas ça de moi sans le mariage, Les hommes sont volages, Si jamais je vous donnais mon petit bien, C'est vous qui me donneriez plus rien!» La voyant aussi pure que jolie, Le jeune homme l'épousa. Et le soir quand la noce fut finie, Dans sa chambre il l'emmena. Lorsqu' enfin fut soufflée la chandelle, Comme il s'approchait tremblant «Que veux-tu de moi?» lui dit la belle «Je voudrais dit-il, un enfant.» «Si ce n'est que pour ça, c'est pas la peine, Répondit Madeleine, Je vous préviens tout de suite pour vous fixer C'est inutile d'insister, J'ai eu deux petits jumeaux l'année dernière, Ils sont chez ma mère, Si tu veux les gosses va les chercher, Mais moi je ne veux plus recommencer!»

La vieille croix

   note: datant vraisemblablement des années 1920
Là-bas, tout au bout du village Lorsque je m'en reviens des champs Le soir, épuisé par l'ouvrage Menant, devant, mon bœuf blanc J'aime à voir se dresser dans l'ombre La croix, debout dans le ciel noir A l'heure où tout ici-bas sombre C'est le symbole de l'espoir
   {Refrain:}
Je te salue ô croix rustique Pieux vestige d'autrefois Car sans souci de la critique Humblement j'espère et je crois Je te salue ô vieille croix Soudain, de tristes gars farouches La haine étouffant leur raison Passant le blasphème à la bouche Près de l'image du pardon Mais moi, devant le vieux calvaire Je passe toujours chapeau bas Car je l'aime et je le vénère Pour tous ceux qui ne le font pas
   {au Refrain}

La voix des chênes

   Paroles: Francisque Borel, Stéphane Borel. Musique: Gustave Goublier 1888
   autres interprètes: Noté (1902), Louis Lynel (1929), Lucien Lupi (1951), Armand Mestral (1957), Michel Dens (1961),Xavier Depraz, Roland Gerbeau (1985), Michel Chaineaud (1997)
Quand le soleil s'enfuit à l'horizon, Semant la nuit sur les monts et la plaine, Le vent du soir fait passer un frisson Sur la forêt où sommeille le chêne. Et l'on entend monter comme un doux bruit Sous les rameaux au milieu du silence: C'est la chanson de l'amour qui commence, Hymne éternel qui vibre dans la nuit. Si vous rêvez d'amour Dans les forêts prochaines Ecoutez au déclin du jour La voix des chênes: Elle vous parlera d'amour {2x} La douce voix {2x} des chênes. Chez nos aïeux, les farouches Gaulois, Aux temps passés, on vénérait les chênes Et leurs guerriers, à l'abri des grands bois, Ont défié les légions romaines, L'arbre divin s'en souviendra toujours; Les soirs d'hiver, quand la rafale gronde Il semble encore vouloir jeter au monde Les fiers défis de ses anciens beaux jours. C'est du vieux sang Gaulois Qui coule dans ses veines Allez, le soir, au fond des bois, La voix des chênes Vous parlera des fier Gaulois {2x} La grande voix {2x} des chênes. Il me souvient qu'un jour je parcourais Le beau pays de l'antique Lorraine, Je m'arrêtai près des vieilles forêts Pour écouter ce que disait le chêne, Un vieux géant, Roi de l'immensité, Parla longtemps de notre belle France, Comme un clairon sonnant la délivrance, Enflant sa voix, il cria: "Liberté" Lorrains, la liberté Plane à travers vos plaines Ecoutez dans l'obscurité La voix des chênes, Elle chante la liberté {2x} L'immense voix {2x} des chênes.

Le chant des partisans

   Paroles: Maurice Druon, Joseph Kessel. Musique: Anna Marly 1943
   autres interprètes: Anna Marly, Germaine Sablon, Bordas, Yves Montand, Johnny Hallyday, Pierre Nougaro, Claude Voincy, Luc Barney, Armand Mestral, Lucien Lupi
   note: Textes original en russe d'Anna Marly, puis adapté en français.
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. Montez de la mine, descendez des collines, camarades! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite… C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves. Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève… Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place. Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute… Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne? Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines? Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh…

Le chant du départ

   Paroles: Marie-Joseph Chénier. Musique: Etienne-Nicolas Méhul 1794
   Titre original: "Hymne à la liberté"
   note: Hymne officiel du Premier Empire.
La victoire en chantant Nous ouvre la barrière La liberté guide nos pas Et du Nord au midi La trompette guerrière A sonné l'heure des combats. Tremblez ennemis de la France, Rois ivres de sang et d'orgueil. Le peuple souverain s'avance: Tyrans descendez au cercueil.
   {Refrain:}
La république nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. De nos yeux maternels Ne craignez pas les larmes; Loin de nous les lâches douleurs! Nous devons triompher Quand vous prenez les armes, Nous vous avons donné la vie Guerriers, elle n'est plus à vous; Tous nos jours sont à la patrie, Elle est votre mère avant nous
   {au Refrain}
Que le fer paternel arme la main des braves; Songez à nous au champs de Mars; Consacrez dans le sang des Rois et des esclaves Le fer béni par nos vieillards, Et, rapportant sous la chaumière Des blessures et des vertus, Venez fermer notre paupière Quand les tyrans ne seront plus.
   {au Refrain}
De Barra, de Viala le sort nous fait envie: Ils sont morts mais ils ont vaincu. Le lâche accablé d'ans n'a pas connu la vie; Qui meurt pour le peuple a vécu. Vous êtes vaillants, nous le sommes; Guidez-nous contre les tyrans; Les républicains sont des hommes, Les esclaves sont des enfants
   {au Refrain}
Partez, vaillants époux! Les combats sont vos fêtes Partez, modèles des guerriers! Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes, Nos mains tresserons vos lauriers Et, si le temple de Mémoire S'ouvrait à nos mânes vainqueurs, Nos voix chanteront votre gloire, Nos flancs porteront vos vengeurs.
   {au Refrain}
Et nous, soeurs des héros; nous, qui de l'hyménée Ignorons les aimables noeuds, Si, pour s'unir un jour à notre destinée, Les citoyens forment des voeux, Qu'ils reviennent dans nos murailles Beaux de gloire et de liberté, Et que leur sang ans les batailles ait coulé pour l'égalité.
   {au Refrain}
Sur le fer, devant Dieu, nous jurons à nos pères, A nos épouses, à nos soeurs, A nos représentants, à nos fils à nos mères D'anéantir les oppresseurs. En tous lieux, dans la nuit profonde Plongeant l'infâme royauté, Les Français donneront au monde Et la paix et la liberté
   {au Refrain}

Le costaud de la lune

Se faufilant parmi la foule Et à travers les rues de Paris C'est l'heure où l'apache à la coule Les mains dans les poches sans bruit Viens faire sa ronde nocturne On dirait un oiseau de proie Guettant de son œil taciturne Pour faire le coup du père François Il revient un soir Le long du trottoir Dans la nuit brune Frôlant le passant Le regard inconscient La môme cherche fortune Son homme, un costaud, Vous tue s'il le faut Pour une brime Jouer du couteau C'est le sort des costauds de la lune Ayant passé par la centrale L'apache, un bandit dangereux, Un jour quitta la capitale Pour faire son service un joyeux Mais il est jaloux de sa môme Bravant le danger, il s'enfuit Sachant qu'elle avait un autre homme, Revient sur les pavés de Paris Il descend le soir Le long du trottoir Dans la nuit brune Il surprend Julie Et son cœur a bondi Dans son infortune Sans lui dire un mot D'un coup dans le dos Il tue la brune. Jouer du couteau C'est le sort des costauds de la lune Mais voilà dans la nuit qui s'achève L'on vient de dresser l'échafaud On voit dans le jour qui se lève Briller le sinistre couteau L'apache va payer ses dettes Sa dernière heure vient de sonner Pendant qu'on lui fait la toilette Le remords le fait frissonner Il descend le soir Dans la nuit brune Le long du trottoir Il tue Mélie Et son cœur a bondi Dans son infortune Un père, une maman Pleurant son enfant Dans la nuit brune, Mourir sous le couteau C'est le sort des costauds de la lune.

Le couteau

   Paroles: Théodore Botrel 1900
   autres interprètes: Eugènie Buffet, Fred Gouin, Louis Lynel, Aimé Doniat, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, André Claveau, Serge Kerval, Jack Lantier
Pardon, monsieur le métayer Si de nuit je dérange, Mais je voudrais bien sommeiller Au fond de votre grange? Mon pauvre ami, la grange est pleine Du blé de la moisson, Donne-toi donc plutôt la peine D'entrer dans la maison! Mon bon monsieur, je suis trop gueux, Quel gâchis vous ferais-je! Je suis pieds nus, sale et boueux Et tout couvert de neige! Mon pauvre ami, quitte bien vite Tes hardes en lambeaux: Pouille-moi ce tricot, de suite Chausse-moi ces sabots! De tant marcher à l'abandon J'ai la gorge bien sèche, Mon bon monsieur, baillez-moi donc Un grand verre d'eau fraîche! L'eau ne vaut rien lorsque l'on tremble, Le cidre… guère mieux: Mon bon ami, trinquons ensemble, Goûte-moi ce vin vieux! Mon bon monsieur, on ne m'a rien Jeté le long des routes, Je voudrais avec votre chien Partager deux, trois croûtes! Si depuis ce matin tu rôdes, Tu dois être affamé Voici du pain, des crêpes chaudes, Voici du lard fumé! Chassez du coin de votre feu Ce rôdeur qui ne bouge. Etes-vous "Blanc"? Etes-vous "Bleu"? Moi, je suis plutôt "Rouge"! Qu'importent ces mots: République, Commune ou Royauté": Ne mêlons pas la Politique Avec la charité! Puis, le métayer s'endormit, La minuit étant proche. Alors, le vagabond sortit Son couteau de sa poche. L'ouvrit, le fit luire à la flamme, Puis, se dressant soudain, Il planta sa terrible lame Dans… la miche de pain! Au matin jour le gueux s'en fut Sans vouloir rien attendre Oubliant son couteau pointu Au milieu du pain tendre: Vous dormirez en paix, ô riches! Vous et vos capitaux, Tant que les gueux auront des miches Où planter leurs couteaux!

Le fiacre

   Paroles et Musique: Léon Xanrof 1888
   autres interprètes: Félicia Mallet, Yvette Guilbert (1898), Jean Sablon (1939), Barbara, Lina Margy, Germaine Montéro (1960), Georges Brassens (1980)
   note: Cette chanson fût remise au goût du jour sur un tempo swing par Jean Sablon en 1939
Un fiacre allait, trottinant Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Un fiacre allait, trottinant Jaune, avec un cocher blanc Derrière les stores baissés Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Derrière les stores baissés On entendait des baisers Puis une voix disant "Léon!" Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Puis une voix disant "Léon! Pour… causer, ôte ton lorgnon!" Un vieux monsieur qui passait Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Un vieux monsieur qui passait S'écrie "Mais on dirait qu' c'est Ma femme avec un quidam! Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Ma femme avec un quidam!" Y s' lance sur le macadam Mais y glisse su' l' sol mouillé Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Mais y glisse su' l' sol mouillé Crac! il est écrabouillé Du fiacre une dame sort et dit Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Du fiacre une dame sort et dit: "Chouette, Léon! C'est mon mari! Y a plus besoin d' nous cacher, Cahin, caha, Hu, dia, hop là! Y a plus besoin d' nous cacher Donne donc cent sous au cocher!"

Le gardien de phare

   Paroles: Georges Pierre Moreau. Musique: Georges Stalin 1936
Le phare se dressait comme un "I" Au large des côtes bretonnes L'océan beuglait jour et nuit Comme une vache qui moutonne! Les coups d'mer tonnaient un à un Avec un bruit de canonnade Le vent d'norois chargé d'embruns Postillonnait sa sérénade Et les goélands aux abois Goëlaient comme des putois! Le gardien était jeune et beau Il vivait seul. Pour se distraire Il attrapait les bigorneaux Au lasso… c'était sa manière Et quand les ténèbres tombaient Alors il allumait son phare Et les pêcheurs, au loin, pensaient: Le gardien à l'jeu quelque part Et les courlis dans leur dodo Courlissaient viv'ment les rideaux! Or un soir, seul dans son grand lit Il contemplait avec tristesse La grosse lanterne, et il se dit: C'qui manque ici, c'est une négresse! Il en trouva une rapidement Et ce fut un très beau mariage La négresse était tout en blanc Avec un lys à son corsage, Et les homards sortant d'leurs trous S'homaraient comme des p'tits fous! Mais bientôt jaloux, fou furieux, Il la saisit, ce fut atroce D'un seul coup il lui fit trois bleus Et d'un autre, il lui fit trois gosses! Puis saisissant à bras le corps Sa petite femme en bois d'ébène Il la balança par-dessus bord En s'écriant: La mer est pleine Et les morues, qu'avaient les foies Moururent de peur toutes à la fois! Mais stupeur le lendemain les flots Etaient noirs… sitôt tout le monde Pensa: C'est la faute aux bateaux Qui jettent leur… ancre dans l'onde! La vérité, moi j'vous l'apporte Notre négresse c'est notoire Avait déteint et… la mère morte Flottait maintenant dans la mer noire Et le gardien désespéré Se jeta… dans les mots croisés!

Le juif errant à Paris

   Paroles: E. Dumont. Musique: F.L. Bénech 1922
   autres interprètes: Georgette Plana
Au pied du sacré cœur, tout là haut sur la butte, Passait un grand vieillard, à la barbe hirsute. De ses yeux lumineux, il contemplait Paris, Et les gens s'arrêtant, le regardaient surpris! Dis-nous grand-père, quel est ton âge? Où vas-tu? Qui donc es-tu? Tu as dû faire un long voyage! Et le vieillard a répondu:
   {Refrain:}
J'ai vu tous les pays, J'ai parcouru la terre, Car depuis deux mille ans, Je suis le juif errant. De l'histoire des hommes, je connais les mystères, Ce qu'on voit aujourd'hui, moi je l'ai vu jadis. Vous cherchez un remède à toutes vos misères, L'exemple du passé ne vous a rien appris! Oui! Tant que tournera notre machine ronde, Les hommes resteront les grands enfants du monde! Grand-père parle nous, nous savons ton histoire, Et nous t'écouterons, car nous voulons te croire! Autour du juif errant chacun s'est approché, Un jeune homme d'abord vient pour l'interroger. "J'aime Lisette à la folie, La belle m'a donné son cœur! M'aimera-t-elle toute la vie?" Il répondit avec douceur:
   {Refrain:}
J'ai vu des amoureux, j'ai vu des amoureuses, Vouloir mourir un jour par désespoir d'amour! Je les ai vu plus tard la mine insoucieuse, Avec d'autres échangeant les plus tendres serments… Ils avaient oublié leur passion malheureuse, Aveugles! Ils s'en allaient vers de nouveaux tourments! Oui! Tant que tournera notre machine ronde, Des hommes souffriront pour l'amour d'une blonde! Grand-père à notre tour, toi qui vit tant de choses, Des malheurs d'aujourd'hui, tu dois savoir les causes! On nous promet partout un meilleur avenir, Dis-nous si nos enfants n'auront plus à souffrir? Reverront-ils l'horrible guerre? Devons-nous croire ce qu'on nous dit: Que tous les hommes sont nos frères Et le vieillard leur répondit:
   {Refrain:}
J'ai vu des royautés, j'ai vu des républiques, Où vivaient des humains, contents de leur destin, Pour soutenir leur trône ou bien leur politique, Leurs maîtres ont semé la haine parmi eux… Je les ai vu mourir en combats héroïques, Les peuples sont toujours la proie des ambitieux! Oui! tant que tournera notre machine ronde, Les hommes se tueront pour conquérir le monde!

Le menuet d'Exaudet

Cet étang Qui s'étend Dans la plaine Répète au sein de ses eaux Les verdoyants ormeaux Où le pampre s'enchaîne Un ciel pur Un azur Sans nuages Vivement s'y réfléchit Le tableau s'enrichit D'images Mais tandis que l'on admire Cette onde où le ciel se mire Un zéphyr Vient ternir La surface D'un souffle il confond les traits L'éclat de tant d'objets S'efface Cet étang Qui s'étend Dans la plaine Répète au sein de ses eaux Les verdoyants ormeaux Où le pampre s'enchaîne Un ciel pur Un azur Sans nuages Vivement s'y réfléchit Le tableau s'enrichit D'images

Le Père la Victoire

   Paroles: Lucien Delormel, Léon Garnier. Musique: Louis Ganne 1888
Nous l'avions surnommé le Père la Victoire Devant son cabaret nous lécoutions parler Or un jour qu'il voyait des pipupious défiler Il nous dit tout joyeux en nous offrant à boire: Amis, je viens d'avoir cent ans, Ma carrière est finie, Mais mon coeur plein de vie Bat toujours comme au jeune temps. Le printemps parfume, Le jeu, le vin, j'ai tout aimé, Le gai tintin, le glouglou d'un flacon Me mettaient folie en tête, Et lorsque j'étais pompette, Je me grisais d'une folle chanson. Mais l'enchanteur Qui me faisait battre le coeur, Plan, rataplan, rataplan, C'était ce bruit-là mes enfants! Vous qui passez là-bas, Sous cette tonnelle, entrez boire, Ah! Buvez, jeunes soldats, Le vin du père la victoire. Brillant, vermeil, Nectar sans pareil, Il remplit le coeur de vaillance. Buvez, enfants, Le vin de mes cent ans. J'ai soupiré pour Madelon, Jeannette ou Marguerite. Mon regard flambait vite Dès que je voyais un jupon, Un corsage fripon, Ou bien un mollet ferme et rond. Ma lèvre aimait se reposer Sur un joli menton rose. C'est une bien douce chose Que le son clair que produit un baiser. Pourtant, malgré cela, Un seul bruit me pinçait là, Plan, rataplan, rataplan, C'était ce bruit-là mes enfants! Certes je fus aimé, Bichonné par plus d'une belle. Ah corsage parfumé, Coeur frissonnant sous la dentelle! On m'adorait, Rien ne résistait. Maintenant adieu la conquête: C'est pour vous la fête… Buvez, enfants, Le vin de mes cent ans. J'ai vu la guerre au bon vieux temps, Quand nous faisions campagne, Là-bas en Allemagne, A peine si j'avais vingt ans, Et ce petit ruban, J'ai dû le payer de mon sang, Pour mériter ce signe vévéré, Il fallait à la Patrie, Trente fois offrir sa vie. Oui c'est ainsi qu'on était décoré! Alors un sénateur N'eût pas vendu la croix d'honneur. Plan, rataplan, rataplan, L'étoile était au plus vaillant. Quand je vois nos soldats Passer joyeusement musique en tête, Ah je dis, marquant le pas: "Comme jadis la France est belle." Comme autrefois, Soldats, je revois Carnot décrétant la victoire. Marchez à la gloire! Mes chers enfants, Revenez triomphants.

Le roi Renaud (Complainte du…)

   XVe.
   autres interprètes: Yvette Guilbert, Yves Montand (1955), Edith Piaf, Cora Vaucaire, Colette Renard, Armand Mestral, Pierre Bensusan
   note: cf. bas de page
Le roi Renaud de guerre vint tenant ses tripes dans ses mains. Sa mère était sur le créneau Qui vit venir son fils Renaud. – Renaud, Renaud, réjouis-toi! Ta femme est accouché d'un roi! – Ni de ma femme ni de mon fils Je ne saurais me réjouir. Allez ma mère, partez devant, Faites-moi faire un beau lit blanc. Guère de temps n'y resterai: A la minuit trépasserai. Mais faites-le moi faire ici-bas Que l'accouchée n'l'entende pas. Et quand ce vint sur la minuit, Le roi Renaud rendit l'esprit. Il ne fut pas le matin jour Que les valets pleuraient tous. Il ne fut temps de déjeuner Que les servantes ont pleuré. – Mais dites-moi, mère, m'amie, Que pleurent nos valets ici? – Ma fille, en baignant nos chevaux Ont laissé noyer le plus beau. – Mais pourquoi, mère m'amie, Pour un cheval pleurer ainsi? Quand Renaud reviendra, Plus beau cheval ramènera. Et dites-moi, mère m'amie, Que pleurent nos servantes ici? – Ma fille, en lavant nos linceuls Ont laissé aller le plus neuf. Mais pourquoi, mère m'amie, Pour un linceul pleurer ainsi? Quand Renaud reviendra, Plus beau linceul on brodera. Mais, dites-moi, mère m'amie, Que chantent les prêtres ici? – Ma fille c'est la procession Qui fait le tour de la maison. Or, quand ce fut pour relever, A la messe elle voulut aller, Et quand arriva le midi, Elle voulut mettre ses habits. – Mais dites-moi, mère m'amie, Quel habit prendrai-je aujourd'hui? – Prenez le vert, prenez le gris, Prenez le noir pour mieux choisir. – Mais dites-moi, mère m'amie, Qu'est-ce que ce noir-là signifie? – Femme qui relève d'enfant, Le noir lui est bien plus séant. Quand elle fut dans l'église entrée, un cierge on lui a présenté. Aperçut en s'agenouillant La terre fraîche sous son banc. – Mais dites-moi, mère m'amie, Pourquoi la terre est rafraîchie? – Ma fille, ne puis plus vous le cacher, Renaud est mort et enterré. – Renaud, Renaud, mon réconfort, Te voilà donc au rang des morts! Divin Renaud, mon réconfort, Te voilà donc au rang des morts! Puisque le roi Renaud est mort, Voici les clefs de mon trésor. Prenez mes bagues et mes joyaux, Prenez bien soin du fils Renaud. Terre, ouvre-toi, terre fends-toi, Que j'aille avec Renaud, mon roi! Terre s'ouvrit, terre se fendit, Et ci fut la belle engloutie
   Note: Ceci n'est qu'une des très nombreuses versions (environ 60) de cette chanson.
   Son origine est assez complexe. Elle est issue de la greffe d'une
   chanson du XIIIème siècle qui raconte le retour du comte Renaud sur une
   chanson du XVIème (le comte Redor) issue d'une légende scandinave qui a
   fait fureur en Europe et engendré de nombreux textes dans divers pays.
   L'un de ces textes est "le Comte Redor" en Bretagne qui est sans
   doute à l'origine de la fusion (car il y a peut être des versions dérivées).}

Le rosier

   Paroles: De Leyre. Musique: Jean-Jacques Rousseau
Je l'ai planté, je l'ai vu naître Ce beau rosier où les oiseaux Viennent chanter sous ma fenêtre, Perchés sur ses jeunes rameaux. Joyeux oiseaux, troupe amoureuse, Ah! Par pitié ne chantez pas! L'amant qui me rendait heureuse Est parti pour d'autres climats. Pour les trésors du Nouveau Monde Il fuit l'amour, brave la mort. Hélas! Pourquoi chercher sur l'onde Le bonheur qu'il trouvait au port? Vous, passagères hirondelles Qui revenez chaque printemps, Oiseaux voyageurs, mais fidèles, Ramenez-le moi tous les ans.

Le sacre de Napoléon

   1804
   note: sur l'air de "Catiau dans son galetas"
J'entendons ronfler l'canon Y g'na plus à s'en dédire On couronne Napoléon Empereur de ce bel empire: Ça nous promet pour l'avenir Ben du bonheur et du plaisir; Sur le décret du Sénat, La France s'est prononcée; C'est comme si l'conseil d'État Avait d'viné not' pensée, Car depuis quatre ans, dans notre cœur, Napoléon est l'empereur. Je prenons la liberté De v'nir sans cérémonie, Pour trinquer à sa santé Sans oublier sa tendre amie, Dont il doit être ben jaloux, Car tout l'monde l'aime autant que nous. Mais s'il faut nous en taper À l'av'nant qu'il est grand homme, Je n'trouv'rons pas d'quoi lamper, Car y gn'a pas assez d'rogomme Dans la France, ni dans l'pays Que sa valeur nous a conquis J'vois qu'nous cherchons vainement Sur c'front qu'la Gloire environne Un petit coin seulement Pour y placer la couronne Les lauriers, du haut en bas, Le lui couvrent: quel embarras! Cet habit et ce manteau Parguenn'! lui vont à merveille Mais c'qu'est encor ben plus beau, C'est qu'chacun s'dit à l'oreille Voyant c'front victorieux: D'honneur, il était fait pour eux! Qu'ils viennent, ces engueseux Dire qui gn'a pas d'Providence; Après l'état malheureux Dont il a su tirer la France J'répondrons: "R'gardez l'Empereur" Ils seront forcés d'croire au sauveur. Avec nos petits enfants Puissions-nous, de c't'onze frimaire Célébrer, dans cinquante ans Le glorieux anniversaire, Et chanter à l'unisson: "Vive le grand Napoléon!"

Le soldat belge (Chanson du roi Albert)

   note: chanson populaire et patriotique belge, créée dans les années 1920
C'était un soir sur les bords de l'Yser Un soldat belge qui montait la faction, Vinrent à passer trois gardes militaires Parmi lesquels était le roi Albert, "Qui vive là?" cria la sentinelle "Qui vive là? Vous ne passerez pas. Si vous passez, craignez ma baïonnette, Retirez-vous vous ne passerez pas! {x2} Halte-là!" Le roi Albert en fouillant dans ses poches, "Tiens" lui dit-il, "et laisse-moi passer" "Non" répondit la brave sentinelle, "L'argent n'est rien pour un vrai soldat belge. Dans mon pays, je cultivais la terre, Dans mon pays, je gardais les brebis, Mais, maintenant que je suis militaire, Retirez-vous, vous ne passerez pas! {x2} Halte-là!" Le roi Albert dit à ses camarades "Fusillons-le, c'est un mauvais sujet. Fusillons-le à la lueur des astres, Fusillons-le, c'est un mauvais sujet" "Fusillez-moi" lui dit la sentinelle, "Fusillez-moi, vous ne passerez pas. Si vous passez, craignez ma baïonnette. Retirez-vous, vous ne passerez pas! {x2} Halte-là!" Le lendemain, au grand conseil de guerre, Le roi Albert lui demanda son nom. "Tiens" lui dit-il, "voilà la croix de guerre, La croix de guerre et la décoration" "Que va-t-elle dire, ma bonne et tendre mère, Que va-t-elle dire en me voyant si beau? La croix de guerre est à ma boutonnière Pour avoir dit “vous ne passerez pas! {x2} Halte-là!”."

Le tango de la cuisinière

J'ai sauté le mur Pour te dire tout mon amur, Mon joli trésor, Ma p'tite gueugueule en or Et, rempli d'espoir, Je viens sérénader ce soir. Ton cœur heureux Écoute mes aveux. Ô ma belle cuisinière, Viens donc danser le tango. Laisse tes plats, tes soupières; Ecoute ce chant nouveau. Viens dans mes bras, ô ma belle, Je me sens rempli d'entrain. Et tant pis pour ta vaisselle, Tu la finiras demain. Vois-tu, j' suis jaloux Du bouillon qui te fait les yeux doux. Et la nuit, parfois, lorsque je pense à toi, Je rêve que je suis une assiette Et que tu m'essuies; Et mon cœur est chaud Tout comme ton corniaud. Ô ma belle cuisinière, Viens donc danser le tango. Allons, ne fais pas la fière, Je serai ton gigolo. Dans un dancinge, mon amante, Viens, nous irons bambocher. J' te paierai un Vichy-menthe Ou un demi panaché. Si j'avais seulement Une échelle de corde en c' moment, Tout comme Roméo, J'irais te voir là-haut. Tiens, si je pouvais, Le long des tuyaux, Je grimperais. Mais j'ai peur, tout seul, De me casser la gueule Ô ma belle cuisinière, Regarde au-dessus de nous. La lune qui nous éclaire Semble nous dire: Aimez-vous. Je suis comme elle, ô ma brune, C'est en vain que je t'attends. Quand on est comme la lune, On dit que c'est pour longtemps.

Le temps des cerises

   Paroles: Jean-Baptiste Clément. Musique: Antoine Renard 1867
   autres interprètes: Fred Gouin, André Dassary, Suzy Delair, Jean Lumière, Tino Rossi, Yves Montand (1955), Nana Mouskouri, Colette Renard, Patrick Bruel (2002)
   note: En 1871, cette chanson devint l'hymne des insurgés au cours des journées sanglantes de la fin de la Commune. Nana Mouskouri ne chante pas le troisième couplet.
Quand nous chanterons le temps des cerises Et gai rossignol et merle moqueur Seront tous en fête Les belles auront la folie en tête Et les amoureux du soleil au cœur Quand nous chanterons le temps des cerises Sifflera bien mieux le merle moqueur Mais il est bien court le temps des cerises Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant Des pendants d'oreilles Cerises d'amour aux robes pareilles Tombant sous la feuille en gouttes de sang Mais il est bien court le temps des cerises Pendants de corail qu'on cueille en rêvant Quand vous en serez au temps des cerises Si vous avez peur des chagrins d'amour Evitez les belles Moi qui ne crains pas les peines cruelles Je ne vivrai pas sans souffrir un jour Quand vous en serez au temps des cerises Vous aurez aussi des peines d'amour J'aimerai toujours le temps des cerises C'est de ce temps-là que je garde au cœur Une plaie ouverte Et Dame Fortune, en m'étant offerte Ne saura jamais calmer ma douleur J'aimerai toujours le temps des cerises Et le souvenir que je garde au cœur

Le vieux Joe

   Paroles: Georges Darcy. Musique: Fanny Cornet, Jean-Luc d’Assas
   Titre original: "Plantation song"
Ils ne sont plus les beaux jours de l'amitié Tous mes amis ont quitté les cotonniers Ils sont partis au pays du grand repos J'entends leurs douces voix chanter: Eho, vieux Joe
   {Refrain}
Me voilà, me voilà, tout brisé par les travaux. J'entends leurs douces voix chanter: Eho, vieux Joe Pourquoi pleurer quand mon cœur est toujours gai? Pourquoi gémir quand ils ne peuvent revenir? Depuis longtemps, ils sont tous partis là-haut J'entends leurs douces voix chanter: Eho, vieux Joe
   {Au refrain}
Où sont-ils donc les amis qu'on aimait tant Et ces enfants qu'on berçait si doucement? Ils sont heureux, près d' eux j'irai bientôt, J'entends leurs douces voix chanter: Eho, vieux Joe.

Le vin de Marsala

   Paroles: Villemer, Lucien Delormel. Musique: Félicien Vargues 1887
Sur le rivage de Sorente Un jeune et beau Napolitain Au bruit de la vague dormante Chantait l'amour soir et matin Sa voix était douce et moqueuse Mais des pleurs montaient dans ses yeux Il coupait sa chanson joyeuse Par ce refrain capricieux
   {Refrain:}
L'amour des femmes a des ailes Celle que j'aimais s'envola Ne parlons plus des infidèles Pour noyer les peines cruelles Versez! Versez le vin de Marsala! Versez! Versez le vin de Marsala! Elle était belle entre toutes les belles Et je relisais tous les soirs Tous les bonheurs dans ses prunelles, Dans son baiser tous les espoirs Perdu dans ce rêve d'ivresse, Qui ne devait jamais finir Mon cœur se grisait de tendresse, Mon printemps bravait l'avenir
   {au Refrain}
Chaque jour sa voix caressante Me répétait: Toujours! toujours! Et souvent l'aube éblouissante Eclairait encor nos amours Vrai dieu! je la croyais fidèle, J'en aurais mis mes mains au feu! Un beau soir déployant son aile Elle partit sans un adieu
   {au Refrain}
Je n'ai pas revu l'inconstante Tout mon bonheur s'est envolé. Mais le vin charme mon attente, Je m'en suis vite consolé Au diable! la femme trompeuse! Dieu merci! tout est bien fini J'ai noyé ma peine amoureuse Versez le vin! versez l'oubli
   {au Refrain}
Ce matin, je l'ai rencontrée Et j'ai revu sans trop d'émoi Sourire sa lèvre adorée Comme elle souriait pour moi, Plus rose et mille fois plus belle, Elle n'a changé que de nid Un autre aux bras de l'infidèle A repris mon rêve fini
   {au Refrain}

Les allobroges

Je te salue, ô terre hospitalière Où le malheur trouva protection; D'un peuple libre arborant la bannière, Je viens fêter la Constitution. Je t'ai quitté, berceau de mon enfance, Pour abriter sous uns climat plus doux. Mais au foyer j'ai laissé l'espérance, En attendant, En attendant, je m'arrête chez vous. Au cri d'appel des peuples en alarme J'ai répondu par un cri de réveil. Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes Restèrent tous dans un profond sommeil. Relève-toi, Polonais héroïque, Car pour t'aider, je m'avance à grands pas. Secoue enfin ce sommeil léthargique Et sois-en sûr, Et sois-en sûr, tu ne périras pas. Un mot d'espoir à la belle Italie: Courage à vous, Lombards, je reviendrai. Un mot d'amour au peuple de Hongrie! Forte avec tous et je triompherai. En attendant le jour de délivrance, Priant les dieux d'écarter les courroux. Pour faire luire un rayon d'espérance, Bons Savoisiens, Bons Savoisiens, je resterai chez vous.

Les boeufs

   Paroles: Pierre Dupont. Musique: Albersen 1845
   autres interprètes: Marcel Amont
J'ai deux grands bœufs dans mon étable, Deux grands bœufs blancs marqués de roux La charrue est en bois d'érable, L'aiguillon en branche de houx. C'est par leurs soins qu'on voit la plaine Verte l'hiver, jaune l'été. Ils gagnent dans une semaine Plus d'argent qu'ils n'en ont coûté.
   {Refrain:}
S'il me fallait les vendre, J'aimerais mieux me pendre, J'aime Jeanne, ma femme, Eh bien! J'aimerais mieux La voir mourir Que voir mourir mes bœufs. Les voyez-vous les belles bêtes Creuser profond et tracer droit Bravant la pluie et les tempêtes Qu'il fasse chaud, qu'il fasse froid? Lorsque je fais halte pour boire, Un brouillard sort de leurs naseaux, Et je vois sur leurs cornes noires Se poser les petits oiseaux.
   {Refrain}
Ils sont forts comme un pressoir d'huile, Ils sont plus doux que des moutons Tous les ans, on vient de la ville Les marchander dans nos cantons. Pour les mener aux Tuileries, Au Mardi-Gras, devant le roi, Et puis les vendre aux boucheries, Je ne veux pas, ils sont à moi.
   {Refrain}
Quand notre fille sera grande, Si le fils de notre Régent En mariage la demande, Je lui promets tout mon argent. Mais, si pour dot il veut qu'on donne Les grands bœufs blancs marqués de roux, Ma fille, laissons la couronne Et ramenons les bœufs chez nous.
   {Refrain}

Les cerises du voisin

   note: il existe plusieurs versions avec des différences dans les couplets
Hier en sortant de l'école Mon cousin, toujours frivole, M'emmena près du moulin Jouer dans le clos voisin
   {Refrain:}
J'écoutais chanter la brise Avec mon p'tit cousin. Ah! Qu'elles étaient exquises, Les cerises, les cerises, Ah! Qu'elles étaient exquises Les cerises du voisin. Au milieu de l'herbe verte Nous fîmes la découverte D'un superbe cerisier Portant des fruits par milliers
   {au Refrain}
Mon cousin, dans la ramure, Me choisissait les plus mûres Et, du haut du cerisier, Remplissait mon tablier
   {au Refrain}
Il faisait un temps superbe Pour un déjeuner sur l'herbe Et sur un bien vert tapis Le couvert fut vite mis
   {au Refrain}
Ah, ciel! Qui vis-je apparaître? C'est le vieux garde champêtre Qui, nous ayant vus de loin, Nous menace de son poing
   {au Refrain}
Mon cousin fit la grimace Et moi je demande grâce Mais il lui fallut jurer De ne plus recommencer Fini d'écouter la brise Avec mon p'tit cousin, Mais qu'elles étaient exquises, Les cerises, les cerises, Mais qu'elles étaient exquises, Les cerises du voisin.

Les cordeliers

Nous sommes les cordeliers Faisant des cordelles Et dans notre beau métier Nous servons les belles On voit dans notre maison Venir filles et garçons {x2} Et les plus jolies Sont les mieux servies Les cordelles que nous faisons Sont belles et commodes Et s'il faut nous prouverons Qu'elles sont à la mode Fillettes point n'approchez Si de notre adresse doutez {x2} Si elles ne peuvent plaire Il faut les défaire. Nos aïeux aux temps anciens Faisaient des cordelles Chaque mère s'en souvient Du temps qu'était belle Sûrement n'a pas oublié Qu'elle se faisait lacer {x2} Par de fins compères Qui ne s'en font guère.

Les fêtes de Mauléon

   Paroles et Musique: Chansons populaires
Jusqu'au plus petit coin de Navarre De la Soule et même du Labourd On parle de Mauléon-Licharre Avec envie et beaucoup d'amour De Mauléon et ses superbes fêtes Si vivantes si pleines d'entrain De ses allées de saules coquettes De son beau folklore souletin
   {Refrain:}
Farandole, qui s'envole pour les fêtes de la Saint Jean Jolies filles qui pétillent dans les bras de leurs chers amants Cavalcades sérénades d'irrinzinas et de chansons Nuits d'ivresse d'allégresse tout ça c'est les fêtes de Mauléon {x2} Venez donc un peu voir le programme Vous me direz s'il est vraiment beau Vous y trouverez messieurs mesdames L'éternelle course de chevaux De splendides parties de pelote Et un choix de danseurs souletins Fandango danse du verre gavotte Tout ça dans l'ambiance des bons copains
   {au Refrain}
De splendides parties de pelote Et la balle s'en va balader De superbes joueurs la galopent Et par chance arrivent à l'attraper Puis a l'aide d'une chistera Ils l'envoient tout là bas balader A baba à baba à Bayonne Ou l'on ne boit que pour s'amuser
   {au Refrain}
La nuit c'est la cohue générale Du vieux port au fin fond du placho Faut voir un peu comment se trimballent Nos Marixus et nos Ramuntxos Les fougueux bergers de nos montagnes Et la jeunesse des environs Ont déserté ce soir là la campagne Pour goûter aux fêtes de Mauléon
   {au Refrain}

Les fiançailles

Puisque nos cœurs sont allés l'un vers l'autre, Unissons-les par un tendre lien Dans un baiser, faites-moi don du vôtre Dans un baiser, prenez le mien Si le long du chemin, Dans sa bonté, Dieu nous rassemble, C'est afin que la main dans la main Tout deux nous le poursuivions ensemble Fiançons nos vingt ans Et sur nos pas que, joyeux, naisse Un éternel printemps Tout fleuri d'amour, tout verdoyant de jeunesse Pour fêter avec nous Nos accordailles, les mésanges Dans les taillis de houx Fredonnent des chants divins comme ceux des anges Les fleurs coquettement Pomponnées en leur vert corsage Exhalent galamment Leurs plus doux parfums et nous saluent au passage.

Les filles de Camaret

   Paroles et Musique: Chansons populaires
Les filles de Camaret se disent toute vierges {x2} Mais quand elle sont dans mon lit Elles préfère tenir mon vit Qu'un cierge {x3} Fillette de Camaret, où est ton pucelage? {x2} Il s'en est allé sur l'eau Avec un beau matelot Il nage {x3} Mon mari s'en est allé à la pêche en Espagne {x2} Il m'a laissé sans un sou Mais avec mon petit trou J'en gagne {x3} Les rideaux de notre lit sont faits de serge rouge {x2} Mais quand nous sommes dedans, Pour ne pas trouver le trou Qui pisse? {x3} Le curé de Camaret a les couilles qui pendent {x2} Et quand il s'assied dessus "a lui rentre dans le cul Il bande {x3} Monsieur l'maire de Camaret a acheté un âne {x2} Un âne républicain Pour baiser toutes les putains D'Bretagne {x3} Sur la place de Camaret, y a une statue d'Hercule {x2} Le maire et puis le curé Qui sont tous les deux pédés L'enculent {x3} Une simple supposition que tu serais ma tante {x2} Je te ferais le présent De l'andouille qui me pend Du ventre {x3}

Les filles de la Rochelle

   Paroles et Musique: Chansons populaires
   autres interprètes: Colette Renard (1958)
   note: Chanson de gaillard d'avant du temps des corsaires (début XVIIIe siècle)
Ah! la feuille s'envole, s'envole Ah! la feuille s'envole au vent! Sont les filles de la Rochelle Ont armé un bâtiment Pour aller faire la course Dedans les îles du Levant. La grande vergue est en ivoire Les poulies en diamant La grande voile est en dentelle La misaine en satin blanc. Les cordages du navire Sont des fils d'or et d'argent Et la coque est en bois rouge Travaillé fort proprement. L'équipage du navire C'est toutes des filles de quinze ans Le capitaine qui les commande Est le roi des bons enfants. Hier faisant sa promenade Dessus le gaillard d'avant Aperçut une brunette Qui pleurait dans les haubans. Qu'avez-vous, jeune brunette Qu'avez-vous à pleurer tant? Avez vous perdu père et mère Où quelqu'un de vos parents. J'ai perdu la rose blanche Qui s'en fut la voile au vent Elle est partie vent arrière Reviendra-z-en louvoyant.

Les godillots sont lourds

Là haut sur la colline, il y a un moulin. Là haut sur la colline, il y a un moulin. Le meunier sur sa porte voit Rosette de loin. Le meunier sur sa porte voit Rosette de loin. Les godillots sont lourds dans l'sac, Les godillots sont lourds, Les godillots sont lourds dans l'sac, Les godillots sont lourds. Bonjour, jeune bergère, Où vas-tu si matin? {2x} Je viens, maître Jean-Pierre, Vous apporter mon grain. {2x} Les godillots sont lourds dans l'sac, Les godillots sont lourds, Les godillots sont lourds dans l'sac, Les godillots sont lourds. Pour vous, belle Rosette? Je l'y moudrai pour rien. {2x} Venez donc chez ma mère Lui demander ma main. {2x} Les godillots sont lourds dans l'sac, Les godillots sont lourds, Les godillots sont lourds dans l'sac, Les godillots sont lourds.

Les métamorphoses (La chanson des métamorphoses)

   note: Duo homme et femme, alternant chacun un couplet. C'est l'homme qui débute. Il y a de multiples versions de ce chant traditionnel, avec différents titres ("Je me suis fait une blonde", "Si tu te mets anguille", "J'ai fait une maîtresse)
J'avais une maîtresse il n'y a pas longtemps (bis) j'irai la voir dimanche, dimanche j'irai demander la main de ma bien-aimée. Si tu t'en viens dimanche, n'y serai pas Par derrière chez ma tante Il y a-t-un étang Je me mettrai anguille, Anguille dans l'étang de moi tu n'auras pas de contentement Si tu te mets anguille, anguille dans l'étang (bis) Je me mettrai pêcheur pêchant dans l'étang Je t'aurai en pêchant. Si tu te mets pêcheur pour m'avoir en pêchant (bis) Je me mettrai alouette Alouette des champs de moi tu n'auras pas de contentement! Si tu te mets alouette, alouette dans les champs (bis) Je me mettrai chasseur chassant dans les champs Je t'aurai en chassant Si tu te mets chasseur pour m'avoir en chassant (bis) Je me mettrai nonette Nonette dans un couvent. de moi tu n'auras pas de contentement! Si tu te mets nonette, nonette dans un couvent (bis) Je me mettrai prêcheur prêchant en couvent Je t'aurai en prêchant Si tu te mets prêcheur pour m'avoir en prêchant (bis) Je me donn'rai à toi Puisque tu m'aimes tant. (bis)

Les prisons de Nantes (La fille du geôlier)

   Musique: Vincent Scotto, René Sarvil 17e.
   autres interprètes: Aristide Bruant (1886), Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson (1946), Colette Renard (1958), Tri Yann
Dans les prisons de Nantes Y avait un prisonnier Personne ne vint le "vouère" Que la fille du geôlier Un jour il lui demande Et que dit-on de "moué"? On dit de vous en ville Que vous serez pendu {variante: On dit de vous en ville Que demain vous mourrez} Mais s'il faut qu'on me pende Déliez-moi les pieds La fille était jeunette Les pieds lui a délié Le prisonnier alerte Dans la Loire s'est jeté {variante: Le prisonnier alerte Dans la Loire a sauté} Dès qu'il fût sur les rives Il se prit à chanter Je chante pour les belles Surtout celle du geôlier Si je reviens à Nantes Oui je l'épouserai Dans les prisons de Nantes Y avait un prisonnier

Les rubans d'une Alsacienne

   note: chanson revancharde
A dix-huit ans, je sortais de l'église De mon hymen c'était le premier jour Un gai soleil, une suave brise Jetaient partout la lumière et l'amour Toute au bonheur, la paupière mouillée Près d'un époux au coeur loyal et franc J'étais alors nouvelle mariée Dans mes cheveux flottait le ruban blanc Lune de miel, printemps de mariage Chers souvenirs des beaux jours disparus En feu follet, dans notre cher ménage Tu resplendis, maintenant tu n'es plus Il m'en souvient de ce temps éphémère Où chaque soir en dansant, l'oeil en feu Dans les salons, quand j'étais jeune mère Dans mes cheveux flottait le ruban bleu Mais quand, du Nord, un gros nuage sombre Sur mon pays sembla s'apesantir L'envahisseur sortant de sa pénombre Osa rêver de nous anéantir Bravant la voix des canons en furie J'armais mon fils pour venger notre affront Quand l'ennemi mutilait la prairie Le ruban rouge a flotté sur mon front J'ai tout perdu, fils, époux, pauvre veuve Je n'ai plus rien à la place du coeur A mes vieux jours, de malheur Dieu m'abreuve Je dois ramper sous l'épée du vainqueur Alsace, hélas! Quand viendra ta vengeance? A mon pays, Seigneur, rendez l'espoir La mort des miens, les malheurs de la France Ont sur mon front, cloué le ruban noir

Les souvenirs de nos vingt ans

   Paroles: E. Favrard. Musique: Raoul de Georges
Les souvenirs de nos vingt ans Sont de jolis papillons blancs Qui nous apportent sur leurs ailes Du passé, de tendres nouvelles Ils repartent, vont faire un tour Mais il nous reviennent toujours Les souvenirs de nos vingt ans Sont de jolis papillons blancs Les souvenirs des jours heureux Sont de jolis papillons bleus Notre cerveau les accapare Car ils sont infiniment rares Après un orage, un malheur Ils viennent égayer nos cœurs Les souvenirs des jours heureux Sont de jolis papillons bleus Les souvenirs de nos soucis Sont de vilains papillons gris On a beau leur donner la chasse À nous peiner ils sont tenaces Mais dès qu'arrivent les beaux jours Ils disparaissent pour toujours Les souvenirs de nos soucis Sont de vilains papillons gris Les souvenirs de nos amours Sont des papillons de velours Qui par une tactique habile En nous ont élu domicile On les adore à l'infini Dans notre cœur ils ont leur nid Les souvenirs de nos amours Sont des papillons de velours

Ma Normandie

   Paroles et Musique: Frédéric Bérat 1835
   autres interprètes: Jack Lantier, Les Charlots
Quand tout renaît à l'espérance, Et que l'hiver fuit loin de nous, Sous le beau ciel de notre France Quand le soleil revient plus doux, Quand la nature est reverdie, Quand l'hirondelle est de retour, J'aime à revoir ma Normandie, C'est le pays qui m'a donné le jour. J'ai vu les lacs de l'Helvétie Et ses chalets et ses glaciers; J'ai vu le ciel de l'Italie, Et Venise et ses gondoliers; En saluant chaque patrie, Je me disais: "Aucun séjour N'est plus beau que ma Normandie, C'est le pays qui m'a donné le jour." Il est un âge dans la vie Où chaque rêve doit finir, Un âge où l'âme recueillie A besoin de se souvenir: Lorsque ma muse refroidie Aura fini ses chants d'amour, J'irai revoir ma Normandie, C'est le pays qui m'a donné le jour.

Marche Lorraine

   Paroles: Jules Jouy, Octave Pradels. Musique: Louis Ganne
Joyeux lorrains, chantons sans frein Le refrain Plein d'entrain De Jeanne, bergère immortelle Du pays de Moselle! A tous les échos des grands bois Que nos voix A la fois Chantent l'antique ritournelle Qu'on chantait autrefois "Jeanne la lorraine Ses petits pieds dans ses sabots Enfant de la plaine Filait en gardant ses troupeaux Quitta sa jupon de laine Avec ses sabots, dondaine Oh! oh! oh! Avec ses sabots" S'en alla sans émoi Le cœur plein de foi Pour défendre son roi; Fiers enfants de la Lorraine Des montagnes à la plaine, Sur nous, plane ombre sereine, Jeanne d'Arc, vierge souveraine! Vieux gaulois à tête ronde Nous bravons tout à la ronde Si là-bas l'orage gronde, C'est nous qui gardons l'accès Du sol français! S'en fut guider nos fiers soldats Tout là-bas Aux combats Et fit renaître l'espérance, en notre douce France! Lors, les français victorieux Glorieux Flamme aux yeux, Chantant partout leur délivrance Entonnaient tout joyeux "Jeanne la Lorraine A quitté ses petits sabots Son jupon de laine Pour guerroyer sous nos drapeaux! Et c'est un grand capitaine La vierge aux sabots dondaine! Oh! oh! oh! La vierge aux sabots" Jeanne, le gentil cœur Partout à l'honneur, Conduisit son Seigneur! Las! un jour elle succombe! Aux mains des ennemis tombe! Dans la flamme, horrible tombe! Expira, la blanche colombe! Mais depuis l'âme aguerrie, Au nom de Jeanne chérie, Ange saint de la Patrie! C'est nous qui gardons l'accès Du sol français! Tes fils n'ont pas dégénéré Sol sacré! Adoré! Dans leurs veines encor ruisselle Du sang de la Pucelle! Aux jours de Fleurus, de Valmy, L'ennemi A frémi Le bataillon de la Moselle Chantait, cœur affermi "Comme la Lorraine Nous n'avons que de lourds sabots La giberne est pleine Mais sous la peau, rien que des os! L'ennemi fuit dans la plaine Gare à nos sabots, dondaine! Oh! oh! oh! Gare à nos sabots" Et ce mâle refrain Guidait vers le Rhin Le peuple souverain!

Marie-Madeleine

1. Mon père n'avait fille que moi Encore sur la mer il m'envoie
   {Refrain:}
Marie-Madeleine son petit jupon de laine Sa petite robe carreautée Son petit jupon piqué
   {Variante du Refrain:}
Marie-Madeleine Son petit jupon de laine Marie-Madelon Son tout petit jupon
2. Encore sur la mer il m'envoie Le marinier qui m'y menait
   {au Refrain}
3. Le marinier qui m'y menait Il devient amoureux de moué
   {au Refrain}
4. Il devient amoureux de moué La mignonnette, embrassez-moué 5… Nenni, Monsieur, je n'oserais 6. Car si mon père il le savait 7. Fille battue ce serait moué 8. Mais qui, la belle, le lui dirait? 9. Ce seraient les oiseaux des bois 10. Parlent-ils les oiseaux des bois? 11. Parlent latin, aussi françoué 12. Las, que malin le monde il est 13. D'apprendre aux oiseaux le françoué.

Mes p'tites ouvrières

   Paroles: Ferdinand-Louis Bénech. Musique: Désiré Berniaux 1909
   autres interprètes: Henriette Leblond, Marthe Trémont, etc…
A Paris, le matin, voyez passer Les p'tites ouvrières le pas pressé C'est de leurs doigts de fée Que toute la journée Vont sortir des chapeaux Des robes et des manteaux Voyez les demoiselles de magasin Détaillant des rubans ou du satin Comme elles savent les coquettes Faire valoir une toilette Ou d'un geste élégant Essayer des gants
   {Refrain:}
Mais voilà la journée terminée, En cachette, elle s'est vite repoudrée Crac il pleut elle traverse un ruisseau: J'vous en prie Mam'zelle encore un peu plus haut! Tout d'abord indignée, elle rougit Puis se retourne; il est bien, elle sourit Dame elle est heureuse quand on la trouve jolie La p'tite ouvrière de Paris On s'donne rendez-vous pour l'dimanche suivant On arrive à Nogent, tout l'monde descend On va, la chose est sûre Pêcher une friture Et l'on monte en bateau "Surtout, pas d'blagues sur l'eau!" Puis on fait la dînette sur le gazon, On débouche des bouteilles et allez donc Une partie de balançoire! "Mam'zelle que m'faites-vous voir? – T'en perdras pas la vue!" Répond l'ingénue.
   {Refrain:}
Mais voilà la journée terminée Aux accents d'une musique endiablée Dans un bal ils font un dernier tour Et le jeune homme lui murmure avec amour: "Je t'adore, ma mignonne, si tu veux Tous les deux, nous pourrions être heureux!" La bouche répond "Non" mais le cœur lui dit "Oui!" D'la p'tite ouvrière de Paris! Voilà bientôt deux ans qu'elle est mariée Chaque jour elle descend faire son marché Les pommes sont-elles bien mûres? Les oranges pas trop sures? Elle remonte son panier Remet son tablier Elle secoue la salade, elle casse des œufs La sauce est-elle prise? Encore un peu… Mais la soupe est parfaite, La table est bientôt prête Elle attend son mari, On sonne, le voici!
   {Refrain:}
Et voilà la journée terminée, "Bonjour toi! Comment va mon aimée? Et bébé? – Chut, il dort, pas si haut!" Mais il se réveille, on court vite au berceau Tendrement, elle le prend dans ses bras: "Mon chéri, la risette à papa" V'là comment elle fait le bonheur du logis, La p'tite ouvrière de Paris!

Mettez la chaloupe à l'eau

   autres interprètes: Guy Béart (1966)
Mettez la chaloupe à l'eau {x2} Matelot tomba dans l'eau, m'entendez vous?
   {Refrain:}
Et si toi ti-ti moques de moi Moi ji mi moque di vous. Matelot cassa sa bras {x2} Chirurgien qui était là, m'entendez vous? Li vouli qu'on li coupa {x2} Matelot li vouli pas, m'entendez vous? A la foire s'en alla {x2} Et c'est là qu'il acheta, m'entendez vous? Une pipe et du tabac {x2} Mon histoire finit là, m'entendez vous?

Mon chapeau de paille

   Paroles: Abbé Gadbois
   autres interprètes: Eugène Daignault (1928), Conrad Gauthier (1930)
A St-Denis près des grands bois Un jour d'orage et de bataille Je mis pour la première fois Mon chapeau d'paille Sans égard pour mon beau chapeau Contre les Anglais la canaille Nous nous battîmes sans repos En chapeau d'paille Plus tard quand fut faite la paix J'allais souvent dans les broussailles Pour rire avec celle que j'aimais En chapeau d'paille Au printemps quand j'l'épousai Lorsque fût faite les semailles Aux balustres je déposai Mon chapeau d'paille Nous eûmes de nombreux enfants Car ça fait plaisir la marmaille Ça vous a des airs triomphants En chapeau d'paille Mais pour soigner ce groupe ardent Les médecins n'ayant rien qui vaille Tous disparurent en regardant Leurs chapeaux d'paille A son tour la mère partie Sur cette terre faut qu'tout s'en aille Il ne me reste qu'un ami Mon chapeau d'paille Je suis vieux, j'ai près de cent ans Je me résigne et je travaille Pour pouvoir mettre encore longtemps Mon chapeau d'paille.

Monsieur d' Charette (Prends ton fusil, Grégoire)

   Paroles: Paul Féval. Musique: transcription de Léo Delibes et J.B. Weckerlin d'après un air populaire 1853
   note: connue également sous le nom de "La chanson de Monsieur de Charette"; chanson royaliste. Enregistrement par Rachel de Ruy en 1906
Monsieur d' Charette a dit à ceux d'Ancenis {x2} «Mes amis, Le Roi va ramener la fleur de lys»
   {Refrain:}
Prends ton fusil, Grégoire, Prends ta gourde pour boire Prends ta Vierge d'ivoire Nos messieurs sont partis Pour chasser la perdrix Monsieur d' Charette a dit à ceux d' Louroux {x2} «Mes bijoux, Pour mieux tirer, mettez-vous à genoux»
   {au Refrain}
Monsieur d' Charette a dit à ceux d' Montfort {x2} «Frappez fort, Le drapeau blanc défend contre la mort!»
   {au Refrain}
Monsieur d' Charette a dit à ceux d' Clisson {x2} «Le canon, Fait mieux danser que le son du violon!»
   {au Refrain}
Monsieur d' Charette a dit à ceux d' Conflans {x2} «Mes enfants, Ralliez-vous à mon panache blanc!»
   {au Refrain}
Monsieur d' Charette a mis sa plume au vent {x2} «En avant! On parlera longtemps des vieux Chouans!»
   {au Refrain}

Monsieur l'curé n'veut pas

   note: Traditionnel breton
Monsieur l'curé n'veut pas Que les gars embrassent les filles Mais il ne défend pas Que les filles embrassent les gars! Monsieur l'curé n'veut pas Que les gard embrassent les filles Mais Monsieur l'maire a dit D'les embrasser malgré lui! Tralala lalère Tralala lalère Tralalala lalala lalère Tralala lalère Tralala lalère Tralala lalala lalala Monsieur l'curé n'veut pas Que les gars dansent en Carême Mais il ne défend pas Que les filles sautent dans leurs bras! Monsieur l'curé n'veut pas Que les gars embrassent les filles Mais Monsieur l'maire a dit D'aller danser malgré lui! Monsieur l'curé n'veut pas Que les gars taquinent le cidre Mais il ne défend pas Que les filles fassent boire les gars! Monsieur l'curé n'veut pas Que les gars taquinent le cidre Mais Monsieur l'maire a dit Qu'un p'tit coup chasse les soucis!

Napoléon Premier

   note: Chansons populaires
Un soir à l'opéra En dansant la polka La reine d'Angleterre Tomba sur le derrière. Napoléon premier Voulut la ramasser Mais quand il se pencha Son pantalon craqua. Que vois-je à l'horizon Mais c'est Napoléon Qui court à la maison Changer son pantalon.

Napoléon Premier (autre version)

   note: chansons paillardes
Napoléon Premier Descend les escaliers Demande à son guichet Où sont les cabinets? Le guichet lui répond Espèce de cornichon Quand on est caporal On chie dans le canal! Le canal est bouché Il faut le déboucher Avec un tire-bouchon En forme de queue d'cochon! C'est la reine d'Angleterre Qu'a fait pipi parterre En dansant la java Sur un paquet d'tabac Napoléon Premier Voulut la ramasser Son pantalon craqua Et sa lune se montra!

Ne t'en va pas (Hirondelle voyageuse)

Hirondelle voyageuse Qui planait sur nos vallons Et dont l'aile courageuse Veut braver les aquilons
   {Refrain, x2}
Ne t'en va pas, reste avec nous Le ciel du pays est si doux Sans atteindre les nuages Où l'on cherche le bonheur Lorsque grondent les orages On succombe à leur fureur
   {au Refrain, x2}
Un naufrage te menace En ton vol aventureux, Moins funeste l'hiver passe Et fait place aux jours heureux
   {au Refrain, x2}

O Magali

   19e.
O Magali ma tant aimable A la fenêtre parais donc Prête l'oreille à cette aubade De tambourins et de violons Le ciel est plein d'étoiles d'or Et l'air est calme Mais les étoiles pâliront Quand te verront Pas plus que du vent dans les branches De ton aubade n'ai souci Et je m'en vais dans la mer bleue Me faire anguille de rocher O Magali, si tu te fais, l'Oiseau volage Chasseur à mon tour deviendrai Te chasserai Aux oiselets si tu viens tendre Traîtreusement piège ou lacet Je deviendrai l'humble fleurette Et dans les prés me cacherai O Magali, si tu te fais, Fleur de prairie Moi, ruisselet je me ferai T'arroserai Si tu deviens ruisseau limpide Léger nuage me ferai Et, pour te fuir ainsi, rapide Aux Amériques m'en irait O Magali, si t'en vas sur les nuées Le vent de mer je me ferai Te porterai Si par les mers ainsi m'emportes Ailleurs encor m'échapperai Du grand soleil qui fond la glace Un rayon d'or je deviendrai O Magali, si tu te fais, L'ardente flamme Moi, brume épaisse deviendrai Te voilerai. Me faudra donc enfin te croire, je vois que tu ne railles pas voici mon annelet d'ivoire en souvenir de nos débats. O Magali, que bien me fait cette réponse. Vois les étoiles ont pâli O Magali.

Partant pour la Syrie (Départ pour la Syrie)

   Paroles: Alexandre de Laborde. Musique: Hortense de Beauharnais
   autres interprètes: Tino Rossi (1969)
Partant pour la Syrie Le jeune et beau Dunois Alla prier Marie De bénir ses exploits Faites Reine immortelle Lui dit-il en partant Que j'aime la plus belle Et sois le plus vaillant! Il écrit sur la pierre Le serment de l'honneur Et va suivre à la guerre Le comte son seigneur. Au noble vœu fidèle Il crie en combattant: Amour à la plus belle Honneur au plus vaillant! Viens, fils de la victoire, Dunois, dit le Seigneur. Puisque tu fais ma gloire Je ferai ton bonheur. De ma fille Isabelle Soit l'époux à l'instant, Car elle est la plus belle Et toi le plus vaillant! A l'autel de Marie Ils contractent tous deux Cette union chérie Qui seule rend heureux. Chacun dans la chapelle Disait en les voyant: Amour à la plus belle, Honneur au plus vaillant!

Pavane (Belle qui tiens ma vie)

   Paroles et Musique: Toinot Arbeau 16e. "Partition à coeur joie"
Belle, qui tient ma vie Captive dans tes yeux, Qui m'a l'âme ravi D'un souris gracieux. Viens tôt me secourir, Ou me faudra mourir. Pourquoi fuis-tu mignarde? Si je suis près de toi Quand tes yeux je regarde Je m'y perds dedans moi Car tes perfections Changent mes actions. Approche donc, ma belle, Approche-toi, mon bien. Ne me sois plus rebelle, Puisque ton cœur est mien. Pour mon mal apaiser, Donne-moi un baiser.

Perrine était servante

   autres interprètes: Les Compagnons de la Chanson, Annie Cordy
Perrine était servante {2x} Chez Monsieur le Curé, digue donda dondaine Chez Monsieur le Curé, digue donda dondé! 2. Son amant vint la vouère {2x} Un soir après l'dîner… 3. Perrine, ô ma Perrine {2x} J'voudrais bien t'embrasser… 4. Oh! grand nigaud qu't'es bête {2x} Ça s'fait sans s'demander!… 5. V'la M'sieur l'curé qu'arrive {2x} Où j'va t'y bien m'cacher?… 6. Cache-toi dedans la huche! {2x} I' n'saura pas t'trouver!… 7. Il y resta six s'maines {2x} Elle l'avait oublié!… 8. Au bout de six semaines {2x} Les rats l'avaient bouffé!… 9. Ils avaient rongé son crâne {2x} Et puis tous les doigts de pied… 10. On fit creuser son crâne {2x} Pour faire un bénitier… 11. On fit monter ses jambes {2x} Pour faire deux chandeliers… 12. Voila la triste histoire {2x} D'un jeune homme à marier… 13. Qu'allait trop voir les filles {2x} Le soir après l'dîner!…

Plaisir d'amour

   Paroles: Jean-Pierre Claris de Florian. Musique: Jean-Paul-Égide Martini, Ange-Etienne-Xavier Poisson de La Chabeaussière (1784) 1902
   autres interprètes: Mercadier (1902), Maréchal, Louis Lynel, Yvonne Printemps (1931), Fred Gouin amp; Louis Zucca, Ray Ventura, Réda Caire, Rina Ketty, Luis Mariano, Lina Margy, Tino Rossi, Colette Renard, Les quatre barbus, Marcel Merkès, Mouloudji, Cora Vaucaire…
   note: et une multitude d'autres enregistrements; tiré de la nouvelle "Célestine" de Jean-Pierre Claris de Florian. Ce chant portait à sa création le titre de "Romance du chevrier"
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment Chagrin d'amour dure toute la vie J'ai tout quitté pour l'ingrate Sylvie Elle me quitte et prend un autre amant Plaisir d'amour ne dure qu'un moment Chagrin d'amour dure toute la vie "Tant que cette eau coulera doucement Vers ce ruisseau qui borde la prairie, Je t'aimerai", me répétait Sylvie. L'eau coule encor, elle a changé pourtant Plaisir d'amour ne dure qu'un moment Chagrin d'amour dure toute la vie

Quand j'étais chez mon père

   Paroles et Musique: Chansons populaires
Quand j'étais chez mon père apprenti pastouriau Il m'a mis dans la lande pour garder les troupiaux
   {Refrain:}
Troupiaux, troupiaux Je n'en avais guère Troupiaux, troupiaux Je n'en avais biau Mais je n'en avais guère je n'avais qu'trois agneaux Et le loup de la plaine m'a mangé le plus biau
   {au Refrain}
Il était si vorace, n'a laissé que la piau N'a laissé que la queue pour mettre à mon chapiau
   {au Refrain}
Mais des os de la bête me fit un chalumeau Pour jouer à la fête à la fête du hamiau

Quand j'étions chez mon père (L'apprenti pastouriau)

   autres interprètes: Aimé Doniat, Les Quatre Barbus, Pascale Audret, Christian Borel, Serge Kerval, Anne Sylvestre, Hugues Aufray
Quand j'étais chez mon père, apprenti pastouriau, Il m'a mis dans la lande, pour garder les troupiaux.
   {Refrain:}
Troupiaux, troupiaux, je n'en avais guère. Troupiaux, troupiaux, je n'en avais biau.
Moi, je n'en avais guère; je n'avais qu'trois agneaux Et le loup de la plaine m'a mangé le plus biau.
   {au Refrain}
Il était si vorace; n'a laissé que la piau, N'a laissé que la queue, pour mettre a mon chapiau.
   {au Refrain}
Mais des os de la bête, me fit un chalumeau Pour jouer à la fête, à la lumière du hamiau.
   {au Refrain}
Pour faire danser le village, dessous le grand ormiau Et les jeunes et les vieilles, les pieds dans les sabiots.

Quand je suis né, je suis né en automne

Quand je suis né, je suis né en automne Et mes parents me l'ont toujours bien dit M'ont baptisé au jus de la pomme Et m'ont donné le nom de "sans souci" Quant à sept ans, on m'envoie à l'école C'est pour apprendre à chanter Isabeau Je répondis au maître de l'école Je n'apprendrai que le jus du tonneau À dix-huit ans, j'avais une maîtresse Je l'ai perdue, je ne l'ai pas retrouvée Elle a reçu, du haut d'une bouteille, J'avais confié toutes mes amitiés À ving-cinq ans, mes parents m'y marient Avec une fille qui avait beaucoup de biens Mais de malheur, elle mit fin à ses jours Dans le chagrin de m'y voir toujours plein À quarante ans, mes enfants me demandent De partager leur bien avec le mien Je répondis "pas de partage à faire Les bistrotiers seront mes héritiers" À soixante ans, sur le bord de la fosse Là bien content, je finirai mes jours Et l'on me roulera en carrosse Car de mon jeune temps, je n'ai point eu le temps Quand je suis né, je suis né en automne Et mes parents me l'ont toujours bien dit M'ont baptisé au jus de la pomme Et m'ont donné le nom de "sans souci"

Se canto

   14e.
   Titre original: "Se canto"
Se canto, que canto Canto pas per you Canto per ma mio Qu'es al lent de you Aquelos montagnos Qué tan aoutos sount, M'empatchon de bésé Mas amous oun sount Debat ma fenestro, Ya un aousélou Touto la neî canto, Canto sa cansou. Baïssas bous mountagnos Planos aoussas bous! Perque posqui bésé Mas amous oun sount. Aquélos mountagnos Tant s'abacharan Mas amourettos Se rapproucharan.
   – – - – - – - – - – - – -
S'il chante, qu'il chante Chante pas pour moi Chante pour ma mie Qui est loin de moi. Ces fières montagnes A mes yeux navrés, Cachent de ma mie Les trait bien aimés. Dessous ma fenêtre Y a un oiselet Toute na nuit chante Chante sa chanson Baissez-vous montagnes, Plaines haussez-vous Que mes yeux s'en aillent Où sont mes amours Les chères montagnes Tant s'abaisseront Qu'à la fin ma mie Mes yeux reverront.

Sidi-Brahim

Francs chasseurs hardis compagnons Voici venir le jour de gloire Entendez l'appel du clairon Qui présage la victoire Volez intrépides soldats La France est là qui vous regarde Quand sonne l'heure du combat Votre place est à l'avant garde En avant braves bataillons Jaloux de votre indépendance Si l'ennemi vers nous s'avance: Marchons, marchons, marchons Mort aux ennemis de la France!

Souvenir d'un vieillard

   autres interprètes: Georges Hamel, Patrick Norman, Dan amp; Lou
Petits enfants, jouez dans la prairie Chantez, chantez le doux parfum des fleurs Profitez bien du printemps de la vie Trop tôt, hélas, vous verserez des pleurs
   {Refrain:}
Dernier amour de ma vieillesse Venez à moi, petits enfants Je veux de vous une caresse Pour oublier Pour oublier mes cheveux blancs Quoique bien vieux, j'ai le cœur plein de charmes Permettez-moi d'assister à vos jeux Pour un vieillard, outragé, plein de larmes Auprès de vous, je me sens plus heureux
   {au Refrain}
Petits enfants, vous avez une mère Et chaque soir près de votre berceau Pour elle au ciel, offrez votre prière Aimez-là bien jusqu'au jour du tombeau
   {au Refrain}
Petits enfants, quand j'étais à votre âge Je possédais la douce paix du cœur Que de beaux jours ont passé sans nuages Je ne voyais que des jours de bonheur
   {au Refrain}
En vieillissant, j'ai connu la tristesse Ceux que j'aimais, je les ai vus partir Oh, laissez-moi vous prouver ma tendresse C'est en aimant que je voudrais mourir
   {au Refrain}

Supplication

   Paroles: Gaston Deval. Musique: W.J. Paans 1907

   {Refrain:}
Ah! Pardonne à ma folie Si je reviens près de toi C'est que tout mon cœur supplie De l'aimer comme autrefois! Oublions vaines alarmes Et tous les anciens regrets, Quand on a versé des larmes On s'aime bien mieux après! En tes grands yeux noirs, je le jure, J'ai laissé tout mon cœur Et si je parus un parjure, Le destin fut menteur Ah! crois toujours en ma tendresse, J'ai goûté ton ivresse Mignonne, il n'est pas loin, le temps Où tu m'aimais tant
   {au Refrain}
Un soir, j'ai cueilli sur ta lèvre Les baisers des avrils, Et bu, dans mon ardente fièvre, Une larme à tes cils Peux-tu, quand mon cœur dit qu'il t'aime, Repousser d'un blasphème Celui qui berça tout un jour Ton désir d'amour?
   {au Refrain}

Ti Joe la marde! (sol, ré)

   note: chanson québecoise
M'en vas t'conter l'histoire, celle de ti Joe la marde M'en vas t'conter l'histoire, celle de ti Joe la marde (bis) Y s'en va t'à l'étable, s'tait pour manger d'la marde
   {Refrain}
Pis y en a qui disait HO! HO! ca sent la moutarde Pis y en a qui disait HO! HO! ca sent la moutarde (bis) Y s'en va t'à l'étable, s'tes pour manger d'la marde Y s'en va t'à l'étable, s'tes pour manger d'la marde (bis) Y en a bin trop mangé, y en est tombé malade
   {au Refrain}
Y en a bin trop mangé, y en est tombé malade Y en a bin trop mangé, y en est tombé malade (bis) Y ont fait v'nir un docteur, s'tait un docteur de marde
   {au Refrain}
Y ont fait v'nir un docteur, s'tait un docteur de marde Y ont fait v'nir un docteur, s'tait un docteur de marde (bis) Il lui christ une piqûre, s'tait une piqûre de marde
   {au Refrain}
Il lui christ une piqûre, s'tait une piqûre de marde Il lui christ une piqûre, s'tait une piqûre de marde (bis) Ca faque ti Joe yé mort, parce qu'a trop mangé d'marde
   {au Refrain}
Ca faque ti Joe yé mort, parce qu'a trop mangé d'marde Ca faque ti Joe yé mort, parce qu'a trop mangé d'marde (bis) On enterra ti Joe, où ça, en d'ssous d'un ti tas d'marde
   {au Refrain}
On enterra ti Joe, où ça, en d'ssous d'un ti tas d'marde On enterra ti Joe, où ça, en d'ssous d'un ti tas d'marde (bis) Tous ceux qui ont chanté, ca valait pas d'la marde
   {au Refrain}
Tous ceux qui ont chanté, ça valait pas d'la marde Tous ceux qui ont chanté, ça valait pas d'la marde (bis) Tous ceux qui ont pas chanté, mangez donc tout' d'la marde
   {au Refrain}

Ti-Jo Monferland

   note: chanson québecoise
Ti-Jo Monferland C'est Ti-Jo Monferland Qui s'en va à l'étable C'est Ti-Jo Monferland Qui s'en va à l'étable Il s'en r'v'nait malade D'avoir trop mangé de marde
   {Refrain:}
Et toujours il disait: "Hey ça sent la moutarde" Et toujours il disait: "Hey ça sent la moutarde" Et toujours il disait: "Hey ça sent la moutarde" Il s'en r'v'nait malade D'avoir trop mangé de marde Il s'en r'v'nait malade D'avoir trop mangé de marde On appelle un docteur C'est un docteur de marde
   {au Refrain}
On appelle un docteur C'est un docteur de marde On appelle un docteur C'est un docteur de marde On lui fit une piqûre C'est une piqûre de marde
   {au Refrain}
On lui fit une piqûre C'est une piqûre de marde On lui fit une piqûre C'est une piqûre de marde Et v'là Ti-Jo qui meurt D'avoir trop mangé de marde
   {au Refrain}
Et v'là Ti-Jo qui meurt D'avoir trop mangé de marde Et v'là Ti-Jo qui meurt D'avoir trop mangé de marde On fit v'nir six porteurs C'est des porteurs de marde
   {au Refrain}
On fit v'nir six porteurs C'est des porteurs de marde On fit v'nir six porteurs C'est des porteurs de marde On l'enterre dans un tas C'est un gros tas de marde
   {au Refrain}
On l'enterre dans un trou C'est un gros trou de marde On l'enterre dans un trou C'est un gros trou de marde On écrivit ci-gît Ci-gît un un gros tas de marde
   {au Refrain}
On écrivit ci-gît Ci-gît un un gros tas de marde On écrivit ci-gît Ci-gît un un gros tas de marde Et v'là sa femme qui pleure À 4 pattes dans la marde
   {au Refrain}
Et v'là sa femme qui pleurt À quatre pattes dans la marde Et v'là sa femme qui pleurt À quatre pattes dans la marde Pis tout ceux qui ont chanté C'est des chanteurs de marde
   {au Refrain}
Pis tout ceux qui ont chanté C'est des chanteurs de marde Pis tout ceux qui ont chanté C'est des chanteurs de marde Pis tout ceux qui ont pas chanté Mangez donc tout' d'la marde!

Tout l'monde a l'doryphore au hameau!

Où diable cours-tu si vite Mon vieux père Justin? Je m'en vais au patelin Chercher le médecin C'est-y qu't'aurais la gigitte Ou l'torticolis C'est bien pis, pauvre ami C'est l'épidémie! Tout l' monde a l' doryphore au hameau Ça tombe sur les petits comme sur les gros Y a l' fils au père Hilarion Ça y a déjà bouffé l' croupion Et ça vient d'y attaquer les rognons Y a la mère Zénobie Qui va trépasser Quand elle s'est réveillée Elle n'avait plus de nez Y a l' beau-père à P'tit Louis Qui n' va pas du tout Y n'avait qu'un p'tit bout Y y'ont bouffé tout Tout l' monde a l' doryphore au hameau Ça tombe sur les petits comme sur les gros La fille à la mère Camus A deux raies, c'est bien connu Y'ont déjà bouffé la raie du d'ssus Ça fait d' plus en plus d' ravages Et partout ça grouille L'épicier a la trouille Qui z'y bouffent… ses nouilles Toutes les drôlières du village Sont intoxiquées Sitôt qu'elles sont piquées On les voit s' gonfler Tout l' monde a l' doryphore au hameau Ça tombe sur les petits comme sur les gros Y a la fille au père Marcou Qu'est plus bonne à rien du tout L'doryphore y a bouché tous les trous Le gros Thomas, l' garde-barrière Etait fou de joie Il disait pour une fois J'ai la chance pour moi J'ai ma vieille taupe de belle-mère Qui venait d'être piquée J' pensais la voir claquer Mais… calamité! Tout l' monde a l' doryphore au hameau Mais voyez un peu c'te vieux chameau Faut ben qu'elle soit enragée Car sitôt qu'ils l'ont piquée Les doryphores en ont tous crevé!

Un gai luron des Flandres

   Paroles et Musique: Chansons populaires
   note: Canon belge du XIXème siècle.
Un gai luron des Flandres S'en vint en Wallonie S'en vint s'en vint en Wallonie Pour y conter des fables, Des fables de son pays. Tra la la la Tra la la la la la Des fables de son pays Heureux qui peut entendre, Entendre ses chansons Tra la la la Tra la la la la la Entendre ses chansons

V'là l'bon vent (Derrière chez nous y a un étang)

   18e.
   autres interprètes: Raymond Legrand, Colette Renard, Mathé Altéry, Marie Laforêt, Nana Mouskouri, Guy Béart, Annabel Buffet, Dorothée
Derrière chez nous y a un étang, trois beaux canards s'y vont nageant. Y en a deux noirs, y en a un blanc. V'là l'bon vent, v'là l'joli vent, v'là l'bon vent, ma mie m'appelle. V'là l'bon vent, v'là l'joli vent, v'là l'bon vent, ma mie m'attend. Le fils du roi s'en va chassant avec son grand fusil d'argent; mire le noir et tue le blanc. V'là l'bon vent… (etc.) O fils du roi, tu es méchant d'avoir tué mon canard blanc. Par-dessous l'aile il perd son sang. V'là l'bon vent… (etc.) Par les yeux lui sort des diamants et par le bec l'or et l'argent. Toutes ses plumes s'envolent au vent. V'là l'bon vent… (etc.) Trois dames s'en vont les ramassant. C'est pour en faire un lit de camp pour y coucher tous les passants. V'là l'bon vent… (etc.)

Valse brune

   Paroles: Georges Villard. Musique: Georges Krier 1909
   autres interprètes: Karl Ditan (1909), Bérard (1912),, Georgette Plana (1955), Juliette Gréco (1957), Reda Caire (1958), Lucienne Delyle (1959), Luc Barney (1961), Mouloudji (1974), Mathé Altéry (1974), Jack Lantier, Tino Rossi (1976), Guy Béart 1982), Francis Lemarque (1988)
Ils ne sont pas des gens à valse lente Les bons rôdeurs qui glissent dans la nuit Ils lui préfèrent la valse entraînante Souple, rapide, où l'on tourne sans bruit Silencieux, ils enlacent leurs belles Mêlant la cotte avec le cotillon Légers, légers, ils partent avec elles Dans un gai tourbillon
   {Refrain:}
C'est la valse brune Des chevaliers de la lune Que la lumière importune Et qui recherchent un coin noir C'est la valse brune Des chevaliers de la lune Chacun avec sa chacune La danse le soir Ils ne sont pas tendres pour leurs épouses Et, quand il faut, savent les corriger Un seul soupçon de leur âme jalouse Et les rôdeurs sont prêts à se venger Tandis qu'ils font, à Berthe, à Léonore Un madrigal en vers de leur façon Un brave agent, de son talent sonore Souligne la chanson
   {au Refrain}
Quand le rôdeur, dans la nuit, part en chasse Et qu'à la gorge il saisit un passant Les bons amis, pour que tout bruit s'efface Non loin de lui chantent en s'enlaçant Tandis qu'il pille un logis magnifique Ou d'un combat il sait sortir vainqueur Les bons bourgeois, grisés par la musique Murmurent tous en chœur
   {au Refrain}

Vers l'avenir

   Paroles: Gentil Theodoor Antheunis. Musique: François-Auguste Gevaert 1885
   autres interprètes: M. L. Richard
Le siècle marche et pose ses jalons Nous marquant une étape nouvelle Nous le suivons et nous nous rappelons Nos aïeux et leur gloire éternelle Si ton sol est petit, dans un monde nouveau L'avenir qui t'appelle a planté ton drapeau Marche joyeux, peuple énergique Vers des destins dignes de toi Dieu protège la libre Belgique Et son Roi! Ta longue paix autant que longs combats Au travail exerçait sa vaillance Et tes progrès disaient à chaque pas Ton génie et ta fière endurance Si ta force déborde et franchit ses niveaux Verse-la comme un fleuve en des mondes nouveaux! Marche hardi, peuple énergique Vers des destins dignes de toi Dieu protège la libre Belgique Et son Roi! Ô terre sainte, ô terre des aïeux Leur sueur et leur sang l'ont pétrie Et loin ou près sauront leurs fils pieux Honorer, élargir la Patrie Si des frères s'en vont, il en est par milliers Qui, fidèles gardiens, défendront tes foyers Va sans faiblir, peuple énergique Vers des destins dignes de toi Dieu saura protéger la Belgique Et son Roi!

Vive l'amourette en bargenton

   autres interprètes: Ovila Légaré
1- Mon père a fait bâtir maison, viv' l'amourette en bargenton {x2} Il l'a fait bâtir à trois pignons…
   {Refrain:}
Sur la Saint-Henri, sur la jolirum, You come from sur l'amour maluré…Ah!… You come from sur l'amour maluré Viv' l'amourette en gargenton, maluré, maluron 2- Il l'a fait bâtir à trois pignons, vive l'amourette en bargenton {x2} Sont trois charpentiers qui la font,,, 3- Sont trois charpentiers qui la font, vive l'amourette en bargenton {x2} Et le plus jeu' c't'un beau garçon… 4- Et le plus jeu' c't'un beau garçon, vive l'amourette en gargenton {x2} Qu'apportes-tu dans ton jupon 5- Qu'apportes-tu dans ton jupon?, Vive l'amourette en bargenton {x2} C'est un pâté de trois pigeons 6- C'est un pâté de trois pigeons, vive l'amourette en gargenton {x2} En s'asseyant il fit un bond… 7- En s'asseyant il fit un bond, vive l'amourette en bargenton {x2} Qui fit trembler mer et poissons 8- Qui fit trembler mer et poissons, vive l'amourette bargenton {x2} Et les cailloux qui sont au fond

Vive la Bretagne

   Paroles et Musique: Chansons populaires
   note: Une des très nombreuses versions de cette chanson…
M'sieur l' curé de Saint Sauveur Il est mort il s'est pendu Les oiseaux n'ont pas eu peur D' fair' leur nid dans l' trou d' son cul
   {Refrain:}
Ils ont des chapeaux ronds Vive la Bretagne Ils ont des chapeaux ronds Vive les Bretons L'autre jour passant Place Verte J'entendis un chien péter Ça prouvions que c'tte pauvr' bêt N'a point l' trou du cul bouché
   {au Refrain}
Le curé c'est un bon zouille Il donn' tout il garde rien S'est coupé la peau des couill's Pour fair' un' niche à son chien
   {au Refrain}
Dans le ciel' y a des étoiles Qui nous font lever les yeux Sur la terre il y a des femmes Qui nous font lever la queue
   {au Refrain}
Dans l' désert' les dromadaires Ont la peau tell'ment tendue Quand ils ferment les paupières Ça leur ouvre le trou du cul
   {au Refrain}
L'autre jour que j'étais saoul Je m'suis allongé dans l'herbe Je trouvais que c'était mou J'm'étais roulé dans d'la merde
   {au Refrain}
M'sieur l' curé de Saint Viaud Qu'a un' vache et point de taureau Il fait le taureau lui-même Ça fait des p'tits viaux quand même
   {au Refrain}
A Paris' les vieill's bigotes March'nt toujours les yeux baissés C'est pour voir dans notr' culotte Si l' chinois n'est pas dressé
   {au Refrain}
Mon grand-père et ma grand-mère Ont l'habitud' de coucher nus Ma grand-mère est carnassière Elle a mordu pépé au cul
   {au Refrain}
Il paraît qu'en Angleterre Par un procédé nouveau On transform' les culs d' bell'-mère Pour en fair' des chars d'assaut
   {au Refrain}
Il paraît qu'en Amérique Par un procédé chimique On fait fondr' les couill's des flics Pour en fair' des élastiques
   {au Refrain}
L'autre jour sortant d' chez nous Je rencontr' deux amoureux Qui f'saient sur un tas d' cailloux C' qu' les gens mariés font chez eux
   {au Refrain}
Si mon père il bais' ma mère Ce n'est point par amus'ment C'est pour m' faire un petit frère Qui mèn'ra la vache aux champs
   {au Refrain}
J'aim' mon père et j'aim' ma mère J'aime aussi mon bourricot L' bourricot' j' peux monter d'ssus Sur ma mèr' c'est défendu
   {au Refrain}
Ils étaient quatr' pauvres diables Qui n'avaient pas d' quoi s' chauffer Ils ont chié dessus la table S' sont chauffés à la fumée
   {au Refrain}
Le curé de Saint-Martin Qui sait tout et qui n' sait rien A coupé la queue d' son âne Pour la mettre à son p'tit chien
   {au Refrain}
A l'enterr'ment d' ma bell'-mère J'étais devant, j'étais derrière J'étais derrièr' j'étais devant J'étais seul à l'enterr'ment
   {au Refrain}
Jésus-Christ a un' quéquette Pas plus gross' qu'une allumette Il s'en sert pour faire pipi Viv' la quéquette à Jésus-Christ
   {au Refrain}

Vive la Bretagne, vive les Bretons

Dans tous les coins de la Bretagne Dans les fêtes et les pardons Tous les gars de la campagne Fredonnent cette chanson
   {Refrain:}
Ils ont des chapeaux ronds Vive la Bretagne Ils ont des chapeaux ronds Vive les Bretons La vache de notre village A deux cornes par devant Y en a qu 'en ont davantage Mais ça ne se voit pas autant
   {au Refrain}
Comm' les seins de ma bell' mère Pendent lamentablement Ell'fait un noud par derrière Pour n'pas tomber en marchant
   {au Refrain}
Mon grand-pèr'pour être à l'aise Tous les soirs couche tout nu C'est pour mieux prendr' les punaises Qui la nuit lui trottent dessus
   {au Refrain}
Sur l'clocher l'coq du village A toujours la plume au vent Y' en a point dans l'voisinage Qui pourraient en faire. autant
   {au Refrain}
Maria qu'est vierge et rosière Viens d'avoir un beau petit Sa mèr' dit pas de mystère C'est un coup du Saint Esprit
   {au Refrain}
Un p'tit moineau lâche sa crotte Elle tombe sur le nez d'Lucas Qui dit bon dieu saperlotte Heureusement qu' les vach' vol'nt pas
   {au Refrain}
Avec les gars, Antoinette Fait bien les cent-dix-neuf coups Ça n'pay' peut-être pas ses dettes Mais ça bouch' toujours un trou
   {au Refrain}
Ma mère couche avec mon père Ce n'est pas par agrément Mais pour faire un petit frère Pour qu'il garde les vaches aux champs

Vive la Canadienne

   note: Avant que les Canadiens n'aient adopté «Ô Canada» comme hymne national (v. 1910), «Vive la Canadienne» remplissait fréquemment cette fonction au Québec.
1. Vive la Canadienne Vole, mon cœur, vole! Vive la Canadienne Et ses jolis yeux doux Et ses jolis yeux doux, doux, doux Et ses jolis yeux doux. 2. Elle est rude à la tâche Vole, mon cœur, vole! Elle est rude à la tâche Mais sait faire tout doux Elle sait faire tout doux, doux, doux Elle sait faire tout doux. 3. Même quand elle se fâche… Ses yeux sont toujours doux… 4. Ce n'est pas avec elle… Qu'on court le guilledou… 5. Heureux celui qui gagne… Son petit cœur d'amadou…

Vive la rose et le lilas

   18e.
   autres interprètes: Guy Béart (1960), Cora Vaucaire (1975), Nana Mouskouri (1978)
   note: ou "Mon amant me délaisse…" ou "La méchante"
Mon amant me délaisse O gai! vive la rose! Je ne sais pas pourquoi Vive la rose et le lilas! Je ne sais pas pourquoi Vive la rose et le lilas Il va-t-en voir une autre, O gai! vive la rose! Qu'est plus riche que moi Vive la rose et le lilas! Qu'est plus riche que moi Vive la rose et le lilas On dit qu'elle est plus belle, O gai vive la rose! Je n'en disconviens pas… On dit qu'elle est malade o gai! vive la rose! Peut-être elle en mourra… Mais si elle meurt dimanche O gai! vive la rose! Lundi on l'enterrera… Mardi il r'viendra m'voir O gai! vive la rose! Mais je n'en voudrai pas Vive la rose et le lilas! Mais je n'en voudrai pas Vive la rose et le lilas!

Vive le Général De Gaulle (Marche du Libérateur)

   Paroles: J.H. Golle. Musique: Maurice Uhry 1944
La France a connu des jours sombres Mais toujours pour la relever Ses fils ont su sortir de l'ombre Et à son rang la replacer. Le plus glorieux de notre Histoire Nous pouvons enfin l'acclamer Il vient, auréolé de gloire, Pour nous rendre la liberté. Aussi avec ardeur, Amis chantons en choeur.
   {Refrain:}
Général de Gaulle Nos pensées s'envolent Vers toi, notre Libérateur. C'est la France entière Qui joyeuse et fière Te dit merci de tout son coeur. Comme un fier symbole De l'ancienne Gaule Tu portes le nom vénéré. A toi Honneur, à tout jamais Nous sommes tous à tes côtés, Vive le général de Gaulle. Là-bas, sous le ciel d'Afrique Sans jamais se désespérer, Avec un courage héroïque, Le général, sans se lasser, A réformé la grande armée Qui vient enfin nous libérer. Et la France alors délivrée Clame aux échos son nom sacré. Aussi avec ardeur, Amis, chantons en choeur
   {au Refrain}

Vive les Bretagne (2)

   note: une des nombreuses versions de cette chanson

   {Refrain:}
Ils ont des chapeaux ronds, Vive la Bretagne! Ils ont des chapeaux ronds, Vive les Bretons! Dans tous les coins de Bretagne, Dans les fêtes et les pardons, Tous les gars de la campagne Fredonnent cette chanson
   {au Refrain}
C'est la coutume en Bretagne, A la fête du Grand Pardon, Les filles montent au mât d' cocagne Décrocher les saucissons
   {au Refrain}
Quand il passe un aéroplane, Tous les hommes lèvent les yeux Quand il passe une jolie femme, Tous les hommes lèvent la queue
   {au Refrain}
L'autre jour boulevard Saint-Pierre, J'ai rencontré deux amoureux Ils faisaient sur un tas d' pierre, Ce que les autres ils font chez eux
   {au Refrain}
Sur l' clocher, l' coq du village A toujours la queue au vent J'en connais qui dans la ville Voudraient bien en faire autant
   {au Refrain}
Avec les gars, Antoinette A fait les cent dix-neuf coups, Ça ne paye pas ses dettes, Mais ça bouche toujours son trou
   {au Refrain}
La Marie est bonne ménagère, Quand elle va faire son marché, L'aubergine n'est jamais chère, Pour en faire un godemiché
   {au Refrain}
Trois bandits dans une chaumière N'avaient rien pour se chauffer Ils chièrent sur la table Et se chauffèrent à la fumée
   {au Refrain}
Mon grand-père et ma grand-mère Tous les soirs couchent tout nus, C'est pour ça que ma grand-mère A mordu grand-père au cul
   {au Refrain}
Le curé de Saint-Sauveur Quand il est mort il s'est pendu Les oiseaux n'ont pas eu peur De faire leur nid dans l 'trou d'son cul
   {au Refrain}
Il paraît qu'en Angleterre Est un procédé nouveau: Ils démontent les belles-mères Pour en faire des chars d'assaut
   {au Refrain}
Il paraît qu'en Angleterre Ceux qui font caca par terre On leur coupe le derrière Pour en faire des pommes de terre
   {au Refrain}
Il paraît qu'en Italie, Ceux qui font pipi au lit, On leur coupe le zizi Pour en faire des spaghetti
   {au Refrain}
En revenant de l'Amérique Sur le bateau du Canada, Je faisais de la barre fixe Sur la bête de mon papa
   {au Refrain}
En Afrique les dromadaires Ont la peau qu'est si tendue, Que pour fermer les paupières Ils doivent ouvrir le trou d' leur cul
   {au Refrain}
Napoléon dans un caprice Fit d' sa femme, l'impératrice, Mais les troufions, plus exigeants, Firent d'un con un adjudant
   {au Refrain}
A Paris, les vieilles bigotes Marchent toujours les yeux baissés, C'est pour voir dans nos culottes Si l' chinois n'est pas rel'vé
   {au Refrain}
A l'enterrement de ma grand-mère J'étais derrière, j'étais devant, J'étais devant, j'étais derrière, J'étais tout seul à l'enterrement
   {au Refrain}
En passant par le cimetière J'ai entendu un mort péter, Ce qui prouve que sous terre Ils n'ont pas le cul bouché
   {au Refrain}

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